Le Salon des OSC de jeunes et de femmes s’est déroulé du 2 au 4 décembre à l’Institut national de la femme (Inf). Initié par le Roajelf-Bénin, cette deuxième édition a bénéficié de l’appui du gouvernement, du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et et plusieurs partenaires techniques et financiers. Sujet débattu cette année : « De la Résolution 1325 à la 2250 : Pour une paix inclusive portée par les femmes et les jeunes au Bénin ».
Femmes, jeunes, organisations communautaires, institutions publiques, forces de défense et de sécurité, experts, médias et leaders locaux. La deuxième édition du Salon des Osc a mobilisé une large composante de la société.
« Nous avons suivi des panels enrichissants sur plusieurs thèmes. Des réflexions ont été menées sur les violences basées sur le genre et la promotion de la co-construction de la paix », témoigne Sènan Nadège Wangnannon, journaliste et Secrétaire général de l’Ong Camef.
Pendant 72h, plusieurs thématiques ont été abordés avec des témoignages poignants et des recommandations fortes. Il s’agit notamment de la mise en œuvre des résolutions 1325 et 2250, la résilience face aux défis sécuritaires dans les zones rouge, la médiation communautaire, le dialogue entre jeunes, forces de défense et communautés et le rôle essentiel des médias dans la déconstruction des discours haineux.
La conviction générale des participants au salon des Osc est que les femmes et les jeunes ne sont pas seulement des victimes des crises, ils sont et doivent être des acteurs incontournables de paix, de cohésion sociale et de transformation durable.
« La paix se construit avec les femmes et avec les jeunes », défend Mariette Montcho, la directrice exécutive du Roajelf-Bénin. Un plan national 1325 de deuxième génération et l’adoption urgente d’un agenda national 2250 constituent donc « un impératif moral ».


À l’issue des travaux du salon, deux documents-clés ont été adoptés, à savoir la ”Déclaration de Cotonou pour une paix inclusive” qui réaffirme que la paix est une responsabilité partagée, et donc la participation pleine et significative des femmes et des jeunes, une gouvernance sécuritaire sensible au genre, et des actions adaptées aux réalités des zones à risque.
Et, enfin, le Manifeste des femmes et des jeunes pour la Paix, qui porte la voix des générations engagées et appelle à l’adoption urgente du Plan d’action national (Pan) 1325 de deuxième génération, à la finalisation du Pan 2250, à la protection des communautés, à la lutte contre les violences – y compris numériques – et à un financement adéquat des initiatives citoyennes au niveau local.
Les participants ont, en outre, formulé de recommandations en faveur de l’inclusion et la bonne gouvernance : intégrer les nouvelles menaces – violences numériques, désinformation, extrémismes, changement climatique – dans les politiques publiques ; renforcer la participation des jeunes et des femmes dans les mécanismes de gouvernance et de prévention des conflits ; améliorer la collaboration entre communautés et Forces de Défense et de Sécurité ; soutenir les innovations locales, les médiations communautaires et la documentation des bonnes pratiques ou encore ; et promouvoir un journalisme de paix et renforcer les systèmes d’alerte et d’assistance aux survivantes de violences.
”Bénin Intelligent” distingué
Les efforts de jeunes et certaines organisations de la société civile dans la promotion de la paix ont été reconnus. Dans ce chapitre, le journal Bénin Intelligent a reçu des mains de l’ambassadrice de Belgique, un certificat d’honneur et un chèque symbolique. Une reconnaissance de ses efforts dans la promotion de la paix, la cohésion sociale et la prévention des conflits au Bénin.
« Nous avons fait le diagnostic d’un traitement conjoncturel et sensationnaliste de l’actualité sécuritaire. Ce constat nous a décidé à inaugurer, il y a trois ans, une rubrique spécifique au phénomène terroriste et l’extrémisme violent. Ainsi depuis 2022 nous avons publié assidûment des analyses, des enquêtes dont l’une nous a coûté, cette année, une audition très édifiante devant la Commission déontologie et carte de presse de la Haac Bénin », explique le directeur de publication, Sêmèvo Bonaventure Agbon.
Ce certificat d’honneur, ajoute-t-il, constitue un aiguillon pour s’impliquer davantage dans une couverture responsable, la vulgarisation des mécanismes de prévention et de co-construction de la paix. Ci-dessous l’intégralité des recommandations
