Après l’étape de Sainte Cécile à Cotonou, le Roajelf a procédé, jeudi 27 novembre à la signature de contrat et remise de chèques aux patron.nes d’ateliers de Hêvié accueillant des bénéficiaires du projet ‘’Autonomisation durable des jeunes femmes et filles-mères au Bénin financé par l’OiF.
« Ça me va droit au cœur », témoignage laconique mais émouvant d’Abigaël K.. Étoile montante, son ascension scolaire a été brutalement interrompue dans la douleur. « J’ai été violée quand j’avais 15 ans et actuellement je suis fille mère. J’ai dû laisser les études à cause de la grossesse » Elle a décroché en classe de 3e . Mais il y a environ un mois, grâce au Réseau ouest africain des jeunes femmes leaders (Roajelf-Bénin), elle tisse à nouveau le fil de la dignité et de l’autonomie dans un atelier de couture Hêvié.
Dadjé Charlotte Estelle bénéficie de la même aubaine après avoir abandonné les classes 4e. Elle réécrit son avenir en haute couture dans la même localité. « Je dois finir en beauté », jure-t-elle.
L’arrondissement Hêvié compte au total 45 filles bénéficiaires. Lesquelles ont été identifiées par les Guichets uniques de protection sociale (Gups). « Femme autonome égale à femme leader », assure Ayindé Mekonou, le commissaire de Hêvié « très impliqué dans la lutte contre les violences basées sur le genre », selon les mots Anawé Sidicatou, animatrice de la zone.
« Tout bénéficiaire doit aller au bout de la formation », insiste la directrice départementale des Affaires sociales. Mélanie Adjé Assogba, qui salue un projet à fort impact social, rassure sa disponibilité aux patron.nes d’ateliers. « Si vous avez un souci, rapprochez-vous de ma représente (…) « La remise de chèque ne doit pas conduire au relâchement. » C’est surtout aux bénéficiaires qu’elle a consacré le plus d’exhortation en langue locale.
« Les bénéficiaires doivent se soumettre à leurs patron.nes. Si vous êtes autonomes, poursuit-elle, il y a aura la chute de certains fléaux dévalorisants (vol, Vbg, prostitution, etc. (…) Car on ne récolte que ce qu’on sème ».
Le projet ‘’Autonomisation durable des jeunes femmes et filles-mères au Bénin dure trois ans. Il vise à « doter les bénéficiaires de capacités entrepreneuriales et techniques », explique Anawé Sidicatou. De mars à novembre 2025, les travaux ont consisté essentiellement à l’identification des filles et leur mise en formation.
Un projet holistique
Le projet piloté par le Roajelf cible trois poumons démographiques du Bénin : Abomey-Calavi, Cotonou et Porto-Novo. La cible est composée des filles âgées entre 15 et 24 ans. Elles ont en partage de décrocher au secondaire (5e, 4e) ou le niveau du baccalauréat au plus.
Les statistiques dévoilées par Anawé Sidicatou à propos des options professionnelles montrent une forte ambition de la cible pour la couture (55%), notamment à Porto-Novo et Cotonou. D’autres métiers apparaissent également, à savoir la décoration, pâtisserie, la restauration et la coiffure (10%).
Celle qui est par ailleurs chargée du plaidoyer relève avec satisfaction l’étroite collaboration avec les Gups en charge de l’identification des filles ou femmes bénéficiaires. Une tâche ardue, confie-t-elle, car « les filles sont vulnérables mais aussi très mobiles surtout à Cotonou ».
Le projet se veut holistique. Il ne se limite donc pas au seul volet de la formation qualifiante. Il intègre également un volet accompagnement post-formation de douze mois. Anawé Sidicatou annonce également l’incubation et financement de 25 projets phares portés par les bénéficiaires. Toutes les 140 bénéficiaires auront droit à des équipements et matériels pour leur installation. A terme, le Roajelf soutenu par le gouvernement entend montrer que « la vulnérabilité économique n’est pas un handicap ».
– Filles-mères
