Le réseau électrique joue un rôle central dans le fonctionnement des villes comme des zones rurales. Il alimente les ménages, soutient les activités économiques, permet aux services publics de fonctionner et garantit la continuité des soins dans les centres de santé. Pourtant, ce patrimoine collectif est aujourd’hui de plus en plus menacé par un phénomène préoccupant : le vandalisme des installations électriques.
Au sein de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), la situation suscite une vive inquiétude. Transformateurs fracturés, câbles arrachés, poteaux endommagés ou coffrets de distribution forcés sont devenus des scènes récurrentes sur le terrain.
Pour Paterne Affo, directeur technique adjoint réseau intérieur zone nord, ces actes ne peuvent être minimisés. « Le vandalisme, c’est du vol », affirme-t-il, rappelant que ces équipements sont essentiels au service public de l’électricité et non de simples biens matériels.
Des équipements stratégiques particulièrement ciblés
Les transformateurs figurent parmi les installations les plus visées. Ils constituent des éléments clés du réseau de distribution, permettant d’acheminer l’électricité vers les consommateurs. Leur forte teneur en cuivre en fait également des cibles privilégiées pour des réseaux de revente illicite. Les câbles électriques, les poteaux métalliques et certains coffrets de distribution sont également régulièrement attaqués.
Dans plusieurs cas, des dispositifs de sécurité sont détruits avant le vol, aggravant les dommages sur l’ensemble du réseau. Chaque acte de vandalisme fragilise davantage une infrastructure déjà confrontée aux défis de l’extension et de la modernisation.
Au-delà des dégâts matériels, les impacts sont immédiats et parfois durables. Un transformateur endommagé peut priver d’électricité un quartier entier pendant plusieurs heures, voire plusieurs semaines.
Les répercussions touchent directement la vie quotidienne : arrêt des activités commerciales, ralentissement des ateliers de production, perturbation des services administratifs et scolaires. Les structures sanitaires figurent parmi les plus vulnérables. « Les hôpitaux et centres de santé sont les sites les plus affectés en cas de coupure », souligne Paterne Affo, rappelant que de nombreux équipements médicaux dépendent entièrement de l’électricité pour fonctionner.
Un danger réel pour les auteurs et les populations
Le vandalisme des installations électriques expose également ses auteurs à des risques graves, notamment des électrocutions souvent mortelles. Mais les conséquences peuvent aussi toucher des personnes totalement étrangères à ces actes.
La dégradation d’un transformateur ou d’un équipement de protection peut provoquer des dysfonctionnements majeurs : incendies, explosions ou surtensions. Dans les zones densément peuplées, où les installations électriques sont proches des habitations, ces incidents peuvent rapidement prendre une tournure dramatique.
Au-delà des risques humains, le phénomène représente une charge financière importante pour la société d’électricité et, indirectement, pour l’État et les contribuables. Chaque équipement détruit doit être remplacé, mobilisant des ressources financières, humaines et techniques considérables.
Selon Paterne Affo, ces fonds pourraient pourtant servir à raccorder de nouveaux abonnés ou à renforcer le réseau existant. Ainsi, le vandalisme ralentit les investissements et freine les efforts de modernisation du système électrique, avec un impact direct sur le développement économique.
Face à cette situation, la Sbee mise sur la vigilance citoyenne. L’entreprise rappelle qu’il est impossible de surveiller en permanence l’ensemble des infrastructures réparties sur le territoire. Elle invite donc les populations à signaler tout comportement suspect autour des installations électriques. Les techniciens intervenant sur le terrain sont identifiables grâce à leurs tenues officielles et leurs cartes professionnelles.
Tout incident ou suspicion peut être signalé aux forces de sécurité ou directement à la Sbee via le centre d’appels 7302. Pour Paterne Affo, l’enjeu dépasse largement le cadre institutionnel : « Le réseau électrique est un patrimoine commun. L’énergie distribuée est celle de tous. Elle participe au développement du pays et à l’avenir des générations futures. »
