A Djougou, vaste commune (3966 km2) de la Donga, la qualité de l’éducation primaire reste un défi majeur malgré d’excellents taux de réussite récents aux examens. Pour combler les lacunes, l’Ong Alouguêdoo femme pilier du foyer, appuyée par la Coopération Suisse, a lancé, mercredi 29 avril 2026, le Projet de redevabilité sociale dans l’éducation primaire (ProReSEP). La cérémonie de présentation et de lancement officiel a eu lieu dans un hôtel de la ville bénéficiaire.
Emmanuel M. LOCONON (Coll.)
Améliorer durablement la qualité et l’inclusion des services d’éducation primaire. Telle est la raison d’être du Projet de redevabilité sociale dans l’éducation primaire mis en œuvre au sein de la commune de Djougou. Quatre objectifs spécifiques sous-tendent ce projet. Il s’agit de renforcer la participation citoyenne, d’améliorer la transparence et la redevabilité, de promouvoir l’inclusion sociale et d’établir un dialogue inclusif entre les acteurs éducatifs.
Avec une population estimée à 425 142 habitants (Revue mondiale de la population, 2026), Djougou a connu une croissance démographique significative durant la dernière décennie. C’est un défi de taille pour le pouvoir local notamment dans le secteur éducatif. Le diagnostic fait par Alouguêdoo révèle entre autres des disparités d’accès à l’éducation pour les filles et les enfants en situation de handicap. L’organisation souligne aussi une faible implication des communautés dans la gestion des écoles et la nécessité de transparence et de redevabilité.
Ainsi donc, le projet ReSEP « vient à point nommé », a déclaré Salatou Ouro Adohi, présidente de l’Ong Alouguêdoo. Il est censé contribuer à résoudre les difficultés que rencontre la communauté au niveau du système éducatif. Son lancement marque le début d’une série d’actions dans quatre écoles pilotes des arrondissements de Djougou 1, Bougou et Pélébina. Des formations seront organisées sur les normes de qualité et la redevabilité. A côté des émissions radio de sensibilisation, il est prévu de mettre en place des tableaux d’affichage communautaires et d’organiser des ateliers de co-construction d’outils de suivi.
2000 bénéficiaires directs
Ecoliers, parents, enseignants, les cibles prioritaires du projet ReSEP sont les personnes vulnérables. Ces dernières sont notamment des filles et des enfants en situation de handicap. En effet, le mariage précoce continue de sévir dans le département de la Donga. « On marie vite les filles et on ne suit pas jusqu’au bout leur cursus scolaire. C’est comme si on attendait dès qu’elles atteignent un certain âge pour les déscolariser au profit d’un foyer », explique Salatou Ouro Adohi. Ce qui les expose à la précarité et à toutes sortes de violences.
L’Ong Alouguêdoo femme pilier du foyer croit en l’avenir de ces nombreuses jeunes filles sans oublier les enfants en situation de handicap souvent négligés par leurs parents. « On se dit que pour ceux-là c’est fini, qu’ils ne peuvent plus aller loin. Or ces enfants sont très intelligents. Par conséquent, on doit les accompagner, encadrer, suivre, maintenir à l’école comme les autres ».
Les cibles du projet ReSEP sont donc définies avec une stratégie cohérente pour qu’à l’issue de la mise en œuvre, une transformation réelle s’opère à travers le dialogue, l’évaluation citoyenne et un suivi inclusif. L’impact ultime est d’assurer la qualité de l’apprentissage de sorte à passer d’une « gestion subie à une gestion partagée pour une école d’excellence à Djougou ».
Un appui institutionnel déterminant
Le projet ReSEP est appuyé par la Coopération Suisse à travers le Fonds de soutien aux initiatives de redevabilité (FoSIR), bras financier du Programme Redevabilité au Bénin. Il a aussi reçu le soutien des autorités locales qui ont participé au lancement du projet mercredi. Le chef de l’arrondissement de Djougou 2, Moudachirou Mahawiya a salué à cet effet les efforts que faits l’ONG Alouguêdoo dans la construction de l’avenir des enfants de la localité.
Le représentant des parents d’élèves et étudiants, Taibou Yaya a, lui aussi, apprécié la pertinence de ce projet qui contribuera à assoir un écosystème éducatif inclusif à Djougou. La mairie autant que la Direction départementale de l’enseignement maternel et primaire ainsi que les leaders communautaires et d’autres organisations sœurs sont partenaires dans la mise en œuvre du ProReSEP. Ce projet est prévu pour durer 15 mois.
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