La cinquième mandature des conseils communaux marque une révolution, celle du renouvellement générationnel tant attendu. Toutefois, sur le terrain du genre, le bât blesse encore.
Une proportion famélique : à peine 5% de femmes cheffes d’exécutif local sur les 77 maires qui composent le nouveau paysage de la décentralisation. Un contraste évident face aux avancées législatives et réformes ces dernières années : lutte contre les violences faites aux femmes, soutien à la scolarisation des filles, création de l’Institut national de la femme (Inf), amélioration de la représentativité des femmes à l’Assemblée nationale.
Qui sont ces quatre femmes-maires qui ont réussi à percer le plafond de verre ? Il s’agit de Angélique Titiloya Adégnika à Kétou, Zinatou Alazi Osséni Saka à Kandi, Patricia Ponna Saï à Toucountouna et Marguerite Agbanze à Toffo.
À des ”positions inférieures” au sein de l’exécutif des mairies, on retrouve toutefois quatre (4) autres femmes promues Premières adjointes aux maires, trois (3) Deuxièmes adjointes aux maires et, enfin, quatre (4) Troisième adjointes aux maires. Soit 15 femmes sur un effectif de 308 membres des exécutifs locaux.
Un parti modèle
La prime de cette promotion de femmes-maires, bien que modeste, revient au parti Union progressiste le Renouveau (UpR), dirigé par le désormais président de l’Assemblée nationale, professeur Joseph Djogbenou. Le parti du baobab a porté la totalité de ces candidatures féminines. Un signal, certes, mais qui interroge : pourquoi l’alternance générationnelle a-t-elle si bien fonctionné quand l’alternance genre piétine encore ?
L’égalité femmes-hommes reste donc largement absente de la répartition réelle des instances de décision locales et nationales. Les lois existent, les intentions aussi. Mais dans les urnes et dans les bureaux des partis, le réflexe masculin reste dominant.
