Fèmi Tankpinou a dignement représenté le Bénin lors de l’édition 2024 du ”Falling Walls Lab” à Berlin le week-end dernier. En compétition avec 100 participants venus de 98 pays, ce journaliste de formation, promoteur d’un centre d’apprentissage de l’anglais et fondateur d’Ecozem-Bénin s’est démarqué en offrant la présentation la plus remarquable de l’événement, selon le jury.
Le ”Falling Walls Lab” est, en effet une compétition internationale dédiée à l’innovation, avec deux niveaux de participation. Chaque année, les lauréats au niveau national ont l’opportunité de représenter leur pays lors de la phase internationale qui se déroule à Berlin, en Allemagne. Au Bénin, l’étape nationale est supervisée par Daad.
À l’issue des présentations, trois projets sont donc sélectionnés en fonction de leur impact et reçoivent des trophées.
Devant un public distingué, Fèmi Tankpinou a livré une présentation en anglais qui a suscité des applaudissements spontanés et chaleureux. Le projet ”Ecozem” qu’il a brillamment défendu vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports.
”EcoZem” se compose de véhicules rechargeables grâce à l’énergie solaire. «Ce véhicule n’émet aucune fumée, aucun gaz à effet de serre et se recharge automatiquement à 100% grâce à l’énergie solaire, de manière gratuite, via un système intégré de fibre et de panneaux solaires. Chacun de ces véhicules remplace deux motos à essence.»
Ainsi, «En 2023, nous avons évité l’émission de 400 tonnes de gaz à effet de serre avec seulement huit de ces véhicules et nous avons actuellement le potentiel de remplacer les principaux moyens de transport polluants dans 75 pays à travers le monde, réduisant ainsi leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% au cours des 10 prochaines années. C’est incroyable, c’est monumental», dévoile le jeune entrepreneur.
Des statistiques alarmantes
Fèmi Tankpinou met en garde contre le réchauffement climatique, soulignant qu’il ne s’agit ni d’une plaisanterie ni de science-fiction. Il n’épargne aucun pays, qu’il soit “pauvre” ou “en développement”.
«Vous voyez et ressentez quotidiennement ses conséquences, avec la rareté des pluies pour l’agriculture, entraînant une augmentation de 30% de l’immigration illégale en provenance d’Afrique en 2023 car les gens ne pouvaient pas cultiver. Mon pays a également enregistré plus de 300 000 cas de maladies respiratoires la même année dus à la pollution. La seule façon pour nous de sortir de ce problème est de stopper l’augmentation de nos émissions de gaz à effet de serre, dont 85%, j’ai dit, 85%, proviennent du secteur des transports avec les motos à essence qui émettent plus de 50 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an.»
Les motos thermiques alimentées par de l’essence de contrebande, contribuent de manière significative à la pollution atmosphérique au Bénin et plus largement en Afrique.
«Si aucune mesure n’est prise, l’Afrique pourrait représenter la moitié des émissions de pollution dans le monde d’ici 2030», prévenait également Cathy Liousse, directrice de recherche au laboratoire d’aérologie du Cnrs à Toulouse.
En Afrique actuellement, 9 personnes sur 10 respirent un air pollué selon l’Organisation météorologique mondiale (Omm) dans son rapport sur la qualité de l’air et le climat publié en septembre 2024.
90% de la population mondiale respire un air pollué, souligne le rapport. En terme de conséquences, cela équivaut à environ 4,5 millions de décès dus aux gaz d’échappement et des usines, révèle l’Omm.
