Le discours d’investiture du président de l’Assemblée nationale, 9e législature est jugé « rassembleur » par ses collègues de la majorité parlementaire. Ceux de l’opposition reprochent à Louis Vlavonou d’avoir éludé des sujets importants et attendent quand même de le voir à l’œuvre. Lire les différentes réactions :
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Kolawolé Ogbon, député du parti ‘’Les Démocrates’’ : « La communication du président donne plutôt espoir »
Le discours est plutôt intéressant. On voit un président qui accueille bien l’arrivée des opposants à l’Assemblée nationale et qui appelle au calme, à la sérénité et au respect des textes en vigueur. Il a dit quelque chose de très essentielle, à savoir que s’il faut toucher la Constitution- ce qui n’est pas impossible- cela doit se faire. Dans ce cas-là il demande que les fondamentaux restent, c’est-à-dire la limitation du nombre de mandat présidentiel qui est de deux maximum.
Votre souhait par rapport à la loi d’amnistie proposée par votre parti ?
La communication du président donne plutôt espoir. C’est pourquoi j’ai parlé tout à l’heure du calme, de l’apaisement. Si vraiment on est dans cette dynamique il n’y a pas de raison pour moi que cette loi-là ne passe pas, parce qu’elle vise à calmer le pays.
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Eric Houndété, président du parti ‘’Les Démocrates’’ : « J’attends la mise en œuvre du discours »
Avec mon expérience je ne peux plus me satisfaire d’un discours. J’attends la mise en œuvre du discours. Le président, je le garderai à l’œil et je verrai si tout ce qu’il a dit, il aura la capacité de rester conforme à sa parole. S’il aura le détachement qu’il faut, la possibilité d’être lui-même et de ne pas subir les pesanteurs politiques, c’est ce que j’attends de lui.
La loi d’amnistie dont vous êtes porteur n’est pas inscrite à l’ordre du jour de la première session ordinaire de l’année 2023. Le porte-parole de l’Assemblée nationale suppose que le processus en vigueur en la matière n’est peut-être pas allé à son terme. Où en êtes-vous par rapport à votre proposition ?
Que le président se conforme à son discours. Qu’il arrive à être indépendant, à être lui-même.
Le président Louis Vlavonou a demandé aux élus de l’opposition qu’ils soient objectifs dans leur demande et de suivre la démarche qu’il faut.
Il est mal fondé à dire ça. L’opposition ne peut pas être soupçonnée de manque d’objectivité.
Louis Vlavonou vous a appelé aussi à ne pas vous enfermez dans une « opposition stérile »
Il est mal fondé à dire ça. Une opposition est une opposition, elle ne saurait être stérile.
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Glawdys Tossou, députée Up-R : « Les engagements du président sont allés dans le sens de la construction positive »
Le discours du président de l’Assemblée nationale est un discours très rassembleur. Le président s’est montré engagé à poursuivre les réformes entreprises au niveau du pays, surtout à faire en sorte que l’Assemblée nationale soit représentative de l’ensemble de la nation. Il n’a pas manqué de mentionner la présence du parti de l’opposition ‘’Les Démocrates’’, ce qui confirme la démocratie tant prônée, puisque l’opposition a été absente pendant les quatre dernière années. En plus tous les engagements du président sont allés dans le sens de la construction positive.
C’est la première fois qu’on a 29 femmes au parlement. Comment comptez-vous vous donnez un réel impact à cette réforme ?
D’abord, en tant qu’élue de la nation, tous nos intérêts sont portés vers l’ensemble de la nation. Maintenant en tant que femme, il y a un certain nombre de chose notamment lié à la promotion du genre. Le président de la République a déjà entrepris beaucoup de réformes dans ce sens et la 8ème législature a travaillé à ce qu’il y ait des lois dans ce sens. Je peux citer les textes sur les violences basées sur le genre qui confortent déjà à protéger la femme dans l’ensemble du pays.
En tant que femme, nous avons été élues à la faveur de la révision du code électoral, ce qui a permis d’avoir au moins une femme au niveau de chaque circonscription électorale. Nous souhaitons que ce travail puisse aller au niveau local, qu’au niveau de nos mairies nous puissions également avoir la représentativité des femmes sur les listes.
Donc nous allons voir avec nos collègues hommes de l’Assemblée nationale comment travailler à avoir une discrimination positive des femmes au niveau des conseils communaux.
Armand Gansè, député Br : « il faut actualiser certaines lois, en initier d’autres »
Mes impressions sont bonnes. Je garde une cérémonie riche en couleurs. Du discours du président de l’Assemblée nationale j’ai retenu trois choses : la première, ce sont nos devoirs, le devoir d’un député à l’Assemblée nationale, nos obligations vis-à-vis du peuple qui nous a choisi. Le second point, c’est que tout est dynamique, le monde est en évolution et il faut que l’Assemblée nationale puisse rester en accord avec cette évolution. C’est-à-dire qu’il faut actualiser certaines lois, en initier d’autres pour rester en accord avec l’évolution du monde puisque tout est dynamique.
Le troisième point, c’est d’accompagner véritablement le gouvernement. Vous savez, le président de l’Assemblée national a dit dans son discours que si le gouvernement initie et envoie des lois qui sont pertinentes, il faut que nous pussions accompagner cela. Et puis étant donné que le gouvernement travaille pour le peuple, nous nous ne sommes que des facilitateurs. Donc, nous allons accompagner le gouvernement, initier aussi des lois au profit donc du peuple pour que le peuple qui nous a choisi puisse respirer et respirer toujours mieux.
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Koussonda Adjibadé Moukaram, député Br : « Les Béninois seront satisfaits de la 9ème Législature »
Mes impressions sont très bonnes. L’ambiance est conviviale à commencer par le discours du président de l’Assemblée nationale pour l’ouverture de la session et ensuite son discours pour l’investiture. A travers ce discours, il a fait un discours de rassembleur et il a insisté sur le fait que l’Opposition soit désormais présente au sein de l’hémicycle.
Cela montre la vitalité de la démocratie et présage des riches débats qui vont s’ouvrir bientôt au Parlement béninois. L’œuvre de tous les députés, c’est de faire tout possible pour que l’Etat de droit se consolide davantage et que notre jeune démocratie s’enracine.
Vous voyez le Ghanéen a parlé, le vice-président du Niger a parlé et ils ont parlé du laboratoire de la démocratie en Afrique de l’ouest. Tout cela motive les citoyens parce que c’est dans la paix, dans la convivialité, la concorde qu’on peut construire la Nation. Et c’est de cela qu’il s’agit. Dans les heures, jours et mois à venir, je pense que les Béninois seront satisfaits de la neuvième Législature.
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Léon Degny, député ‘’Les Démocrates’’ : «il n’a pas du tout abordé la question des prisonniers »
Toute loi que nous prenons et qui constitue des éléments de crise au sein des populations sont des lois que nous ne devons plus répéter. Nous devons travailler dans ce sens pour les éliminer et faire en sorte que les lois qui seront votées soient des lois qui tiennent compte de la République, qui tiennent compte de l’aspiration des populations et qu’elles permettent le développement dans la cohésion sociale de notre pays.
L’autre élément, il a mis l’accent sur les questions de contrôle de l’action du gouvernement. Cet aspect va faire office de parent pauvre. Les populations savent que les députés votent les lois mais ne savent pas que les députés ont les prérogatives de contrôler l’action du gouvernement. A ce titre, je pense que ce deuxième champ doit se faire valoir. Le président a pris l’engagement de faire autant que possible pour que ce deuxième aspect soit une réalité. C’est notre souhait et nous députés, nous avons l’obligation de rendre compte à nos mandants.
L’élément sur lequel j’attendais le président et qu’il n’a pas du tout abordé, c’est bien la question des réfugiés, la question des prisonniers. Ce sont des questions essentielles parce qu’on ne peut pas faire le développement de notre pays, construire notre pays lorsque des têtes pensantes, des Béninois croupissent dans les prisons, que les Béninois soient à l’extérieur et qu’ils ne puissent pas prendre part à cet effort de reconstruction, de développement de notre pays.
C’est sur cet aspect que je n’ai pas entendu le président. Cela m’a un peu pincé le cœur. Je pense qu’il va se rattraper avec le temps à partir déjà de la loi sur l’amnistie pour les réfugiés, pour les détenus politiques. Je crois que cette question aussi est essentielle et il doit y revenir.
Propos recueillis par Sêmèvo B. AGBON & Raymond FALADE

Koussonda Adjibadé

Kolawolé Djiman Obon

Glawdys Tossou

Armand Gansè

Le président Louis Vlavonou lors de son discours d’investiture
