Enseignant de mathématiques, Pacôme Hounkpatin a soutenu, mardi 30 juin à l’Enstic-Uac, un mémoire de master en communication et relations publiques sur la « Gestion de la communication au sein des lycées et collèges publics du département de l’Atlantique » Un travail couronné par la mention Très bien et une note de 16/20 qui pointe des insuffisances structurelles dans la circulation de l’information assorties de propositions pour renforcer la cohésion entre acteurs du système éducatif.
La communication au sein des établissements scolaires publics du département de l’Atlantique est-elle à la hauteur des enjeux éducatifs ? Pour élucider cette question, Pacôme Hounkpatin a mené une enquête quantitative auprès de 120 enseignants, 200 élèves et 80 parents d’élèves, sélectionnés par échantillonnage aléatoire stratifié dans les huit communes du département. Parallèlement, des entretiens semi-directifs ont été menés auprès de 20 chefs d’établissement et censeurs, ainsi que de 10 surveillants généraux.
Les résultats révèlent des disparités importantes selon les catégories d’acteurs. Si 80 % des enseignants déclarent être informés en temps utile par la direction, seulement 32 % déclarent que le dispositif de communication est clairement défini. Plus de la moitié (60 %) ont déjà vécu une crise liée à un dysfonctionnement communicationnel.
Chez les élèves, le constat est plus alarmant : seulement 22 % se disent toujours informés des décisions de la direction, et 62 % avouent avoir renoncé à solliciter l’aide d’un enseignant par crainte de sa réaction.
Du côté des parents, 34 % ignorent l’existence des organes de concertation de l’établissement de leur enfant, et 66 % se déclarent insatisfaits de la communication avec l’école. Les entretiens confirment ces chiffres : 18 chefs d’établissement sur 20 reconnaissent l’absence d’un plan de communication formalisé, puisque la communication dans ces établissements reposent souvent sur des pratiques empiriques (notes de service, groupes WhatsApp, cérémonies).
Axes pour une communication scolaire renouvelée
Face à ces insuffisances, Pacôme Hounkpatin propose trois axes d’amélioration. Le premier vise la structuration de la communication interne, avec l’élaboration d’un plan de communication dans chaque établissement et la désignation d’un responsable dédié. Le deuxième axe concerne la communication externe avec les familles. Il recommande l’institutionnalisation de groupes WhatsApp encadrés par une charte et l’adaptation du langage aux réalités linguistiques des parents.
Enfin, au titre du troisième axe, il préconise le renforcement des capacités des acteurs, avec des formations en communication pédagogique et la mise en place de cellules d’écoute pour les élèves.
L’étude invite ainsi chaque chef d’établissement à endosser pleinement son rôle de « manager communicant », pour faire de chaque lycée et collège un espace de confiance, de dialogue et de paix sociale.
Le jury présidé par Dr (MC) Élie Yébou est composé de Dr Laurent de-Laure Faton, rapporteur, et Dr Zakiath Bonou-Gbo, examinatrice, tous deux enseignants à l’Enstic.
