Dans le cadre du projet Sawara, l’Ong Filles en actions a lancé, vendredi 3 avril à Cotonou, le Livret citoyen féministe intersectionnel sur le processus électoral à l’intention des électrices et électeurs. Rendu public en pleine période électorale, cet outil vise à renforcer l’éducation au vote, à faciliter la compréhension du processus électoral béninois et à proposer une lecture critique des enjeux politiques à l’aune de l’égalité de genre, de la justice sociale et de l’inclusion.
La cérémonie de lancement du livret qui intervient en plein processus électoral, s’est déroulée à l’occasion d’une conférence de presse. Elle a connu la présence d’une centaine de participants, dont des autorités politico-administratives, des représentants d’institutions de la République, des Partenaires techniques et financiers, des acteurs de la société civile ainsi que des têtes couronnées.
Dans un contexte marqué par d’importants enjeux électoraux, les initiateurs ont mis en avant la nécessité de garantir un meilleur accès à une information fiable. La circulation de fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées, conjuguée à une faible implication de certains citoyens, constitue un défi. Des inégalités persistantes continuent par ailleurs de limiter la participation de groupes comme les femmes et les jeunes.
Un contenu structuré et accessible
Présenté par la juriste Miguèle Houeto, le livret est le fruit d’un processus participatif impliquant divers acteurs. Accessible et ancré dans les réalités locales, il est structuré en cinq chapitres portant sur le système électoral béninois, l’éducation au vote, l’analyse des programmes politiques, l’engagement citoyen et le suivi post-électoral.
Au nom de l’équipe de rédaction, Miguèle Houeto a précisé que le document est dépourvu de toute orientation partisane. « Il n’indique pas pour qui voter, mais encourage un engagement citoyen éclairé », a-t-elle indiqué. Des outils y sont proposés pour analyser les programmes, vérifier les informations et assurer un suivi de l’action publique après les élections.

Porté par un consortium composé de Cfi Médias, Fondation Hirondelle, Institut pour la gouvernance démocratique (Igd), Brut Afrique et de l’Ong Filles en actions, avec l’appui de l’Union européenne, le projet Sawara s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la cohésion sociale et de promotion de l’intégrité de l’information.
D’une durée de 18 mois, il vise à renforcer la participation citoyenne, en particulier celle des jeunes et des femmes, à travers des actions de terrain et des outils d’éducation civique. La coordinatrice du projet au sein de l’Ong Filles en actions Folashadé Saïzonou, a rappelé que l’exercice du droit de vote repose sur une bonne compréhension des mécanismes démocratiques et sur l’accès à une information fiable. Elle a souligné que le livret répond à des besoins exprimés sur le terrain, notamment par les jeunes et les femmes.
Une initiative saluée dans un contexte sensible
Représentant le chef de file du consortium, le coordonnateur du projet au niveau de Cfi Medias, Emmanuel Gansè, a qualifié l’initiative de « pertinente » dans le contexte électoral actuel. Il a indiqué que le projet, financé à hauteur de trois millions d’euros, vise à lutter contre la désinformation et à encourager une participation citoyenne active. Il a invité les électrices et électeurs à s’approprier le document afin de mieux comprendre leurs droits et devoirs.
La présidente de l’Institut national de la femme (Inf), Me Huguette Bokpè Gnacadja, a insisté sur la dimension inclusive du livret. Elle a relevé la faible représentation des femmes dans les instances de décision, malgré leur poids démographique, et évoqué les obstacles sociaux et les violences susceptibles de freiner leur participation électorale. Elle a appelé à garantir un environnement permettant à chaque femme d’exercer librement son droit de vote.

Le chef de coopération de l’Union européenne a, pour sa part, souligné que le programme Sawara répond à deux priorités. D’abord, la lutte contre la désinformation et le renforcement de la participation citoyenne. Il a estimé que des espaces de dialogue inclusifs constituent un rempart contre les discours de haine et les manipulations de l’information.
Un levier pour l’engagement citoyen
Dans son intervention, la présidente de l’Ong Filles en actions a mis en avant le caractère inclusif et transformateur de l’initiative. Elle a rappelé que le livret est le fruit d’un processus rigoureux ayant impliqué des jeunes, des femmes, des personnes en situation de handicap et d’autres groupes souvent marginalisés. « Ce livret est un outil d’action », a-t-elle souligné avant d’inviter les acteurs présents à s’en approprier pour informer, sensibiliser et mobiliser au sein de leurs communautés.
Au-delà du vote, les intervenants ont insisté sur l’importance d’une citoyenneté active, notamment à travers le suivi des engagements des élus et le contrôle de l’action publique.
