L’École internationale de théâtre du Bénin (Eitb) dirigée par Alougbine Dine a annoncé vendredi 17 janvier, le lancement du projet « Allons au théâtre 2025 ». Cette initiative ambitieuse combine spectacles jeunes publics, théâtre de rue et exposition permanente pour démocratiser l’accès aux arts vivants et visuels au Bénin.
Le projet se déroulera à Cotonou, Abomey-Calavi et à Lomé au Togo, avec quatre spectacles phares : À la poursuite du temps, Pakamambo, Manyamania et Chasser les fantômes. Ces œuvres seront présentées au siège de l’Atelier nomade, où est installée une exposition permanente payante retraçant l’histoire des arts au Bénin. L’objectif est de sensibiliser les jeunes à la culture tout en générant des ressources pour soutenir l’atelier.
Pour toucher le public scolaire, les collèges sont le premier vecteur. Des séances de médiation seront organisées dans les classes de quatrième et troisième pour présenter les œuvres, leurs auteurs et leurs interprètes. Les collèges vendront les billets aux élèves et organiseront leur transport vers le théâtre.
Chaque représentation sera suivie d’une scène ouverte, permettant aux jeunes spectateurs de dialoguer avec les artistes et de réfléchir sur les messages des spectacles.
Le projet inclut également des spectacles de rue, organisés en partenariat avec les mairies et les directions départementales de l’enseignement. Ces représentations mobiliseront les groupements de femmes et les populations locales et seront accompagnées d’un dispositif sonore pour toucher un public large. Ainsi, le théâtre sort des salles pour s’adresser à tous et participer à la démocratisation culturelle.
Des spectacles engagés et variés
Pakamambo, de Wadjid Mouad, raconte l’histoire d’amour familial entre une petite fille et sa grand-mère. Manyamania, du Béninois Charbel Noutaï, explore l’adolescence et dénonce la cybercriminalité. Chasser les fantômes, de Kimba (Guinée), aborde le désir de la jeunesse pour “l’ailleurs” et la quête du bonheur.
Ces trois pièces démarreront le 24 janvier, et seront jouées les samedis matins et mercredis après-midi pendant trois mois, avec huit représentations chacune.

Quant à “À la poursuite du temps”, conçu et mis en scène par Alougbine Dine, il mobilise 32 artistes et est coproduit avec l’ambassade de France à Cotonou.
Présenté dans les rues à l’occasion de la Journée mondiale de l’esclavage, le spectacle traite de colonisation, esclavage, abolition et droits humains, mêlant danse, chant, mime et performances visuelles percutantes.
L’Atelier nomade inaugurera également le Mémorium des arts, une exposition permanente qui conserve les vestiges des succès artistiques béninois : photos, statues, objets, sons et archives. L’exposition sera ouverte aux collèges et lycées à travers des visites payantes. Elle vise à sensibiliser les jeunes à l’histoire artistique nationale tout en assurant une source de revenus pour l’autonomie de l’atelier.
Vers une culture durable
Dans un contexte où les financements pour la culture se font rares et ponctuels, le projet mise sur l’autofinancement progressif. L’objectif est de créer une base stable pour soutenir des activités culturelles régulières et préparer le terrain à une industrie culturelle durable au Bénin.
Le mécénat et l’implication de l’État restent essentiels, mais la priorité est donnée à la participation active des jeunes, futurs spectateurs et acteurs de la culture.
Avec « Allons au théâtre 2025 », le théâtre sort des salles et investit les rues et les places publiques, offrant aux jeunes et au grand public une expérience culturelle riche, vivante et accessible.
Le projet est financé par le Fonds de développement des arts et de la culture (Fdac) et mis en œuvre par l’Agence de développement des arts et de la culture (Adac).
