Après les Vodun days, le Bénin poursuit la valorisation de sa scène artistique. Du mardi 13 au samedi 31 janvier, la ville de Ouidah accueille Kancícà, une exposition immersive qui explore la mémoire et les héritages afro-descendants.
Le vernissage, qui s’est déroulé à la Maison de la culture de Ouidah, a été présidé par le ministre du Tourisme, de la culture et des arts, Jean-Michel Abimbola. L’exposition est l’œuvre de Laeïla Adjovi, artiste béninoise, et Joséphine Derobe, artiste brésilienne. Il s’agit d’une coproduction de la Maison des mondes africains et de Dream feel factory, mise en œuvre au Bénin par l’Agence de développement des arts et de la culture (Adac), avec le soutien du ministère du Tourisme, de la culture et des arts et de l’Institut français du Bénin.
Pour Elisabeth Gomis, directrice générale de la Maison des mondes africains, Kancícà représente « un geste fondateur » destiné à repositionner l’Afrique comme centre du monde. Après une première présentation au Brésil en novembre dernier, le projet revient au Bénin pour raconter les histoires afro-descendantes autrement. « Kancícà est une œuvre immersive, mais avant tout un geste de retour, de mémoire et de transmission », a-t-elle souligné.
L’exposition s’inspire notamment de l’histoire de la reine-mère Nan Agontimè, réduite en esclavage et fondatrice de la Casa das Minas, premier centre culturel d’ancestralité africaine au Brésil. À travers la figure fictive de Dotou, femme guerrière et cartographe, Kancícà explore le Vodoun, l’Atlantique noir et les spiritualités afro-brésiliennes.
Selon Elisabeth Gomis, cette initiative s’adresse en priorité aux jeunes béninois et brésiliens. « Votre histoire est plus vaste et plus complexe que ce que l’on voudrait parfois vous faire croire. Elle ne s’arrête pas aux ruptures ; il est essentiel de s’en saisir pour mieux se situer dans le monde », a-t-elle indiqué.
Kancícà, un outil de transmission et de dialogue

Dans leurs allocutions, Michaël Chwazinski, de Dream feel factory, et William Codjo directeur général de l’Adac, ont salué la dimension humaine et technologique du projet. « Kancícà est le lien entre les Afro-descendants et entre les mondes visibles et invisibles », a rappelé Michaël Chwazinski. De son côté, William Codjo a insisté sur le rôle pédagogique des nouvelles technologies pour rendre l’histoire accessible à tous.
Le ministre Jean-Michel Abimbola a pour sa part rappelé que projeter Kancícà à Ouidah, cité-musée et mémoire vivante, n’est pas un hasard. « Cette œuvre nous rappelle que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale, un outil de transmission et de dialogue », a-t-il déclaré.

Kancícà reste ouverte au public jusqu’au 31 janvier, et promet une expérience immersive unique, à la croisée de l’histoire, de la mémoire et des héritages afro-descendants.
