Mgr Barthélemy Adoukonou est mort, a appris Bénin Intelligent. Le décès est « survenu dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre 2025, peu après minuit au Cnhu-Hkm de Cotonou », lit-on dans l’annonce signée de Mgr Roger Houngbedji, président de la Conférence épiscopale du Bénin.
« Grand théologien, pédagogue et homme de foi, Mgr Barthélemy Adoukonou a consacré toute son existence au service de Dieu, de l’Église et de la culture. Ancien Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Culture, il a œuvré avec intelligence et passion pour le dialogue entre la foi et la raison, entre l’Évangile et les cultures africaines. Son enseignement, sa sagesse et son profond amour de l’Église ont marqué durablement des générations de prêtres, de religieux, d’intellectuels et de laïcs. », rappelle le prélat.
Et d’ajouter « Son départ laisse un grand vide dans la vie de l’Église et du monde intellectuel, mais son témoignage lumineux demeure un héritage spirituel et culturel précieux. » Les dispositions relatives aux obsèques seront communiquées ultérieurement, précise Mgr Houngbedji.
Grand artisan de l’inculturation
Barthélemy Adoukonou est né à Abomey en 1942 et ordonné prêtre, 24 ans plus tard en 1966. Titulaire d’un doctorat en théologie obtenu à Ratisbonne (Allemagne), sous la direction de Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI. Le 3 décembre 2009, celui-ci le nomme secrétaire du Conseil pontifical de la culture.
Poste mérité, puisque Barthélemy Adoukonou est la plus éminente figure de ce qu’on appelle l’inculturation, mouvement très contesté au Bénin. L’inculturation consiste à imprimer l’évangile dans les supports culturels africains locaux, afin de déconstruire la perception de l’évangile vu comme étranger, ou destiné à phagocyter le converti.
Au Bénin, cela s’est traduit par l’introduction dans la liturgie, des langues nationales et de rythmes musicaux d’origine vodun comme le ”agbochebu”. Il est initiateur du ”mèwihwendo”, une adaptation du rite funéraire en milieu Fon, dans l’Église catholique. « Il ne faut pas réduire l’universel à l’Occident », disait-il dans un entretien avec La Croix.
Sous l’impulsion de Mgr Barthélemy Adoukonou, le mouvement ”sillon noir” a émergé au Bénin, en 1970. Il prône la redécouverte et la relecture de la culture africaine sous un angle chrétien.
