Réunis en meeting mercredi 27 août à la Bourse du travail à Cotonou, les Aspirants au métier d’enseignant (AME) ont haussé le ton. À travers leur front d’actions (Farame-Bénin), ils réclament du gouvernement leur reversement intégral dans la Fonction publique avant l’ouverture de la rentrée scolaire 2025-2026.
Créé en 2019 comme passerelle vers l’intégration progressive des jeunes diplômés dans la Fonction publique, le statut des AME devait déboucher sur un emploi stable et sécurisé. Le Farame-Bénin rappelle que plusieurs avancées ont déjà été obtenues : passage à 12 mois de salaire, augmentation de 20 000 F, exonération des frais de scolarité pour les enfants des AME, instauration des congés de maternité et mise en place d’une assurance santé.
Cependant, le reversement effectif et définitif, point central de leurs revendications, tarde à se concrétiser. « Nous voici à la veille de la rentrée 2025-2026, après sept années de sacrifices, sans statut clair et sans emploi sécurisé », soulignent-ils dans leur déclaration. Les AME rappellent qu’ils assurent plus de 80 % des postes enseignants, garantissant le fonctionnement quotidien de l’école béninoise.
Les responsables syndicaux présents ont exprimé leur soutien au mouvement. Pour Bertin Amoussou représentant de la Cosi-Bénin, « la cause des AME dépasse les clivages syndicaux et mérite l’attention de tous ». Norbert Kouton, secrétaire général adjoint de la Cstb a également salué l’engagement des AME et rappelé que leur mobilisation contribue directement au bon fonctionnement du système éducatif.
Le Farame-Bénin appelle ses membres à rester mobilisés et à préparer des actions collectives pour faire avancer leur cause, tout en mettant en avant le dialogue et le respect des institutions.
DÉCLARATION DES ASPIRANTS AU MÉTIER D’ENSEIGNANT (AME)
En 2019, l’aspiranat au métier d’enseignant a été présenté comme une réforme novatrice, une passerelle de transition vers une intégration progressive des jeunes diplômés dans la fonction publique. Le gouvernement du président Patrice Talon avait alors donné l’assurance que ce dispositif temporaire déboucherait rapidement sur le reversement automatique et définitif des AME dans un corps stable et digne.
Depuis, grâce aux nombreuses actions menées par les AME, des acquis importants ont été obtenus :
passage de 9 à 12 mois de salaire ;
augmentation de 20 000 F du salaire de base ;
exonération des frais de scolarité pour les enfants des AME ;
instauration des congés de maternité ;
mise en place d’une assurance santé.
Cependant, la question centrale demeure : celle du reversement. En 2022, 2024, et même au premier semestre 2025, des promesses avaient été réitérées, affirmant que le reversement en ACDPE serait effectif. Trois ans plus tard, à la veille de la rentrée scolaire 2025-2026, après sept années de sacrifices, nous n’avons toujours pas de statut clair ni d’emploi sécurisé.
Depuis 2019, nous, AME de la maternelle, du primaire et du secondaire, avons porté sur nos épaules une part décisive de l’école béninoise. Nous avons empêché son effondrement au moment où des milliers d’enseignants radiés n’étaient plus en fonction. Sans nous, des milliers de classes seraient restées fermées et des centaines de milliers d’élèves auraient été privés d’école.
Pourtant, nos conditions de travail demeurent précaires :
charges horaires écrasantes, parfois supérieures à 26 heures par semaine, en violation des textes ;
déplacements incessants entre établissements, sources d’accidents mortels pour nombre de collègues ;
absence des primes accordées aux enseignants titulaires (rentrée, rendement, gratification, nuit) ;
impossibilité de se présenter aux examens professionnels (CEAP, CAP) ;
absence de perspectives de carrière et de retraite digne.
Nous constituons plus de 80 % du personnel enseignant. Sans nous, l’école publique béninoise n’existerait pas. Et pourtant, nous restons traités comme des supplétifs, des enseignants jetables, sans reconnaissance.
Monsieur le Président Patrice Talon,
Vous avez promis le reversement. Vous avez promis la dignité. Vous avez promis l’équité. Aujourd’hui, nous vous demandons de passer des paroles aux actes. L’histoire retiendra que c’est sous votre mandat que l’avenir de milliers de jeunes enseignants aura été compromis ou sauvé.
C’est pourquoi nous appelons le gouvernement à procéder au reversement effectif et total de tous les AME avant la rentrée scolaire 2025-2026.
Il s’agit :
d’une question de justice ;
d’une question d’équité ;
d’une question de survie pour l’école béninoise.
Nous appelons chaque AME, où qu’il se trouve, à rester mobilisé et prêt pour les prochaines actions collectives qui s’annoncent décisives pour notre avenir.
Trop, c’est trop ! Libérez le reversement !
AME, debout !
En avant pour l’amélioration de nos conditions de vie et de travail !
