La 2ème édition du Salon des centres d’éducation de la petite enfance (Sacepe) s’anime déjà sur l’esplanade extérieur du Stade Général Mathieu Kérékou, à Cotonou. Il a été ouvert, lundi 19 août par le professeur psychopédagogue Jean-Claude Hounmènou, aux côtés de la promotrice, Fidèle Zoungbénou, assistante sociale.
Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
L’importance d’inscrire les petits enfants dans des garderies et écoles maternelles n’est pas encore bien connue des parents au Bénin. Ce constat amer a réveillé l’assistante sociale Fidèle Zoungbénou. Depuis deux ans, son ambition en initiant le Salon des centres d’éducation de la petite enfance (Sacepe), n’a pas changé. Il s’agit de faire connaître les garderies et promouvoir la préscolaire, c’est-à-dire la maternelle. « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne », a-t-elle rappelé. Mettre les enfants dans ces milieux n’est donc pas une perte de l’argent comme le pensent la plupart des parents. Inscrire les enfants dans les garderies et les maternelles c’est les confier à des professionnels pour une meilleure orientation et suivi plutôt qu’à des ‘’bonnes’’. « Les parents ne connaissent pas l’importance de la préscolaire. Or c’est là que l’enfant acquiert les capacités essentielles pour son développement », a-t-elle justifié.
Lancé lundi 19 août dernier, le Salon a été lancé. Il dure une semaine (tous les jours de 9h à 20h) et s’achève donc le dimanche prochain. Le Sacepe se veut un espace de rencontre, de sensibilisation et de promotion de la petite enfance, a indiqué le parrain, professeur Jean-Claude Hounmènou. Le programme propose la visite des stands pour découvrir les offres des garderies. Aussi, des conférences-débat, des ateliers de coaching des parents et des partages d’expérience sont prévus. « J’invite la population à sortir pour s’informer », a-t-elle lancé. Elle croit en effet qu’ils ont des raisons de participer audit salon. Par exemple, pour changer de perception. Ces centres, a argumenté le parrain, contribuent au développement harmonieux des enfants tout en permettant aux parents de vaquer paisiblement à leurs tâches. « Ces centres sont les plus habilités à doter les enfants d’un à cinq ans des premières armes dont ils ont besoin pour évoluer correctement dans la vie. C’est dans ces centres qu’ils acquièrent les premières compétences, les premières habiletés, c’est là où ils apprennent à parler correctement en société avec leurs camarades au lieu de vivre à la maison au milieu de papa et maman et deux ou trois frères. Lorsqu’ils sont dans la garderie ou l’école maternelle au milieu de 30 bambins tout petits comme eux avec lesquels ils sont obligés de se familiariser, ils apprennent à vivre en société. Ils assurent leur parler, ils acquièrent aussi les premiers rudiments de mathématique. Encore que les inscrire dans les garderies ou écoles maternelles rend service aux parents. Cela les libère pour leurs activités socioéconomiques et professionnelles. Ainsi ils auront le cœur tranquille », a-t-il déclaré. « En même temps l’école maternelle leur permet de jouer et d’apprendre. La première activité d’un enfant c’est le jeu. Combien d’occasion de jeu nous pouvons leur offrir à la maison ? Combien de jeu un parent peut-il acheter à ses enfants à la maison ? alors qu’à l’école ils ont l’embarra du choix. Ce qui permet de stimuler leur sens et les aide à avoir un développement psychologique harmonieux et se lancer dans la vie », a-t-il rassuré.
Les deux pensent donc qu’un changement de perception s’impose-t-elle chez les parents. « A travers la promotion de la préscolaire nous allons régler beaucoup de problèmes, dont celui du phénomène ‘’Vidomègon’’ et l’emploi des jeunes. Jusque-là les promoteurs investissent mais n’ont pas le retour. Souvent ils n’ont qu’à peine 2 ou 3 enfants pour toute l’année. Pendant ce temps des enfants sont à la maison et sont mal gardés. Les parents étant occupés à des tâches, ils sont confiés à des jeunes filles qui leur accordent des soins dont on doute de la qualité », a soutenu Fidèle Zoungénou.
Changement de perception, oui mais un autre défi à relever. Celui de la construction des garderies et écoles maternelles publiques. Jean-Claude Hounmènou a saisi l’occasion du lancement du Sacepe pour y attirer l’attention. A l’endroit du gouvernement, notamment le Chef de l’Etat et les ministres en charge de l’enseignant maternel et des Affaires sociales, il lance donc l’appel que plus d’attention et d’investissement soit accordé à ce sous-secteur. « Qu’on construise davantage de maternelle et de garderie publique et en même temps qu’on recrute du personnel pour animer ces centres. Le personnel existe aujourd’hui. Nos universités notamment l’Université d’Abomey-Calavi a déjà formé beaucoup de psychopédagogues, des spécialistes de l’éducation de la petite enfance qui ne demandent qu’à être sollicités », a-t-il souligné.
