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Synodalité et avenir de l’Église en Afrique : L’Eitp au cœur d’une réflexion de fond

Par Sêdaminou Béni AGBAYAHOUN
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L’École d’initiation théologique et pastorale (Eitp) a organisé, jeudi 8 janvier à Cotonou, la 8e édition des Dies Academicus (Journées académiques). Pour cette rencontre, les échanges ont porté sur le thème « L’Eglise en Afrique à l’heure de la synodalité : interpellations et dépassements nécessaires ».

« Une pratique ecclésiale ou sociétale qui ne se trouve pas des creusets d’introspection, d’autoanalyse critique et constructive est vouée à s’exposer aux dangers de l’usure, de la politique de l’autruche ou de l’endormissement qui peut être fatale », Père Narcisse Bah-Kpêvi.

C’est précisément ce sort que l’Eitp s’emploie à conjurer, en Afrique en général et au Bénin en particulier. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’organisation régulière du Dies Academicus. L’initiative se veut un espace de réflexion et de dialogue sur les grands enjeux de l’Église contemporaine, dans une dynamique de consolidation de la foi.

Le Dies Academicus offre ainsi aux participants — principalement les apprenants et sympathisants de l’Eitp — un véritable creuset d’approfondissement des questions majeures touchant l’Église et la société. À l’heure où l’Église post-synodale s’attèle à une pratique ecclésiale en phase avec les réalités du moment, l’Eitp, à travers cette rencontre, entend contribuer à la réflexion sur les priorités de l’Église en Afrique.

Le thème de cette 8e édition est « L’Eglise en Afrique à l’heure de la synodalité : interpellations et dépassements nécessaires ». Il a été décliné en trois communications afin d’en faciliter l’appropriation. Le premier ambassadeur du Bénin près le Saint-Siège (2010–2016), Dr Théodore Loko, a ouvert les travaux avec une communication intitulée « Vie d’Eglises en Afrique et dans le monde : Regards croisés ».

Dans son intervention, il a relevé le « décalage persistant entre les orientations magistérielles et leur réception effective dans les églises locales ». Une situation qui, selon lui, traduit une problématique de « reconnaissance doctrinale croissante et de tensions entre le magistère et les réalités du terrain ».

La synodalité au cœur des débats

Dr Théodore Loko a particulièrement mis en lumière le contraste entre les prescriptions des textes de l’Église en matière de synodalité — écoute mutuelle, discernement communautaire, co-responsabilité baptismale — et les réalités observées sur le terrain. Celles-ci demeurent marquées par « une centralisation décisionnelle forte », « une compréhension limitée du rôle des laïcs » et « une réduction de la synodalité à des mécanismes consultatifs formels ». Autant d’éléments qui appellent, selon lui, à une réflexion approfondie sur la place et le rôle des laïcs dans l’Église.

Deux autres communications ont enrichi les échanges au cours de la journée. Elles portaient respectivement sur « La pratique synodale en Eglises en Afrique : leviers et pesanteurs » et « La pratique synodale dans l’Eglise au Bénin : leviers et pesanteurs », présentées par la sœur Béatrice Faye du Sénégal et le Prof. Raphaël Yebou. À l’issue de discussions nourries, les participants ont été répartis en ateliers afin de prolonger et d’approfondir les réflexions engagées.

Au regard de la richesse des échanges, le Prof. Raphaël Yebou s’est montré confiant quant à la portée de l’initiative.

« Cette journée a réveillé quelque chose : la faim de à combler, l’information à avoir, la formation à recevoir et l’engagement à prendre », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la nécessité, au-delà de l’héritage missionnaire, de repenser les acquis à l’aune des réalités africaines pour mieux les mettre au service de la cité. « Ma formation doit être mise au service de ma cité, sinon, ce n’est pas la peine », a-t-il martelé.

Missionnaires pour la synodalité en l’Eglise au Bénin

De son côté, le directeur de l’Eitp, le Père Rodrigue Gbédjinou, a rappelé le pouvoir de gouvernance confié aux prêtres au sein de leurs paroisses. Ce pouvoir qui les rend ainsi comptables de la vie paroissiale. Il a toutefois relié cette responsabilité à l’articulation « magistère – ministère ». Le magistère, issu du latin, renvoyant à « celui qui se tient haut pour enseigner », et le ministère à « celui qui se tient bas ». Une manière, pour lui, de résumer la synodalité comme l’entretien de « relations inclusives » entre l’Église et la communauté ecclésiale.

La 8e édition des Dies Academicus a ainsi permis de revisiter des questions fondamentales : « comment être Église ensemble, comment marcher ensemble, comment faire Église ensemble ». Le Père Rodrigue Gbédjinou a assuré qu’il se ferait le porte-voix des participants chaque fois que nécessaire. Il les a par ailleurs exhortés à traduire en actes les conclusions issues de ces assises, pour une véritable mise en œuvre de la synodalité en Afrique.

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