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À l’Université de Parakou, la parole se libère sur les Vbg

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Portée par le slam et l’humour, la campagne d’activisme contre les Vbg de l’Abms en partenariat avec l’Apms-Bénin a fait salle comble, lundi 8 décembre à l’Université de Parakou.

« Le consentement doit être libre, clair et exprimé ». En matière de sexualité, telle est la maxime que Jean-Eude Dakin a asséné aux jeunes enthousiasmés. Laquelle bat en brèche la culture de la présomption ou du consentement implicite qui fait le lit au viol. Les Vbg, ce sont aussi une négation du droit à l’éducation. « Il y a des familles où dès que l’enfant naît on dit ” toi tu deviendras maçon”. C’est une violence socio-économique qui contrevient au droit à l’éducation de l’enfant.», ajoute-t-il.

À l’Université de Parakou, les étudiants reconnaissent la réalité des violences basées sur le genre : « sexe contre notes », humiliations, intimidations … Des témoignages des étudiant.es, le phénomène existe bel et bien au sein de l’institution universitaire et au-delà. Il s’exprime parfois à travers des gestes apparemment anodins avec des acteurs parfois insoupçonnés.

L’humour en renfort

« Les étudiant.es ont brisé le silence notamment sur le harcèlement sexuel entre pairs et quelquefois aussi entre enseignants et étudiant.es. Ils ont aussi posé des questions sur les dispositions juridiques de répression », récapitule, satisfait, Venance Tonongbé, président de l’Apms-Bénin.

Pour la réussite de la séance de sensibilisation, l’Abms a en outre convoqué l’humour. Une bonne gamme des figures de cette discipline a ainsi fait le déplacement de Parakou. Hootô Autorité, Dah Ayatô, Kady et Eury entre autres. Leur sketch ad’hoc a touché du doigt le phénomène du ”revenge porn” et donc déconseillé le partage de clichés de nudité avec des tierces.

Passage très salué d’applaudissements de la slameuse Fifamè Ahouandogbo. Dans un texte mêlant poésie, éloquence et humour, la jeune fille a rendu hommage aux filles-mères, prôné l’avortement sécurisé et dénoncé les violences sexuelles parfois par des parents ainsi que les traditions rétrogrades.

Dénonçant le regard social accusateur, elle assure que les filles-mères ce sont des femmes « qui ont compris qu’un bébé n’est pas une erreur (…) ». Briser le silence, c’est également son exhortation. « Le silence n’est plus une option, la peur doit changer de camp (…) La violence n’est pas un signe d’amour ni de possession » Et « La tradition ne doit pas servir de prétexte. »

Encouragements

Christophe Bacham est le chef service gestion des emplois du temps et des infrastructures pédagogiques à l’Université de Parakou. Avec une promptitude admirable, c’est lui qui a mis à disposition le local. Lors du tête-à-tête informel avec l’équipe de l’Apms, il avoue son soutien à la campagne de sensibilisation.

« Ces genres d’activités ne viennent pas tous les jours. Or les besoins en information sont critiques auprès des jeunes adolescents. Pourquoi ne pas l’organiser chaque semaine, chaque mois voire chaque trimestre ? » a-t-il plaidé.

La délégation de l’Abms et de l’Apms poursuit à Savè la campagne de sensibilisation dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les Vbg. Le président de l’Apms encourage les professionnels des médias : « Chaque fois qu’ils ont l’opportunité d’écrire un article, de faire un reportage, c’est une occasion de proteger, de sauver des vies. »

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