Home Actualité Santé sexuelle et reproductive : L’Ong Filles en actions informe et sensibilise Kpomassè

Santé sexuelle et reproductive : L’Ong Filles en actions informe et sensibilise Kpomassè

Par Koladé Raymond FALADE
0 Commentaire

L’Ong Filles en actions poursuit sa campagne Doxami sur les Droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr). Samedi 26 juillet 2025, elle a organisé à Kpomassè, précisément dans l’arrondissement de Tokpa-Domè, un Théâtre-forum grand public intitulé Wa sé bo Doxami (Viens écouter et parlons-en).

L’initiative vise à déconstruire les tabous, stigmatisations et fausses informations sur l’Interruption volontaire de grossesse (Ivg), en particulier en milieu rural. L’activité s’est inscrite dans un contexte marqué par des inégalités d’accès à une information fiable, à des services de santé adaptés et à une éducation sexuelle complète.

Le théâtre-forum a offert un espace de dialogue entre jeunes, parents, professionnel.le.s de santé, autorités locales et artistes. Une caravane de mobilisation, rythmée par chants et danses au son de la fanfare, a sillonné plusieurs villages de Tokpa-Domè pour inviter les communautés à y participer.

Au cours de la phase protocolaire, la présidente de l’Ong Filles en actions, Brian Sossou, a exprimé sa satisfaction face à la forte mobilisation. « Je suis particulièrement heureuse de vous voir si nombreux.ses, jeunes, adolescentes, adolescents, parents, leaders communautaires et professionnel.le.s de santé. Votre présence traduit l’espoir d’une transformation collective et d’une amélioration significative de la santé sexuelle et reproductive de nos jeunes filles et garçons », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite insisté sur l’urgence d’agir face à l’ampleur des avortements clandestins, en s’appuyant sur les chiffres alarmants d’une enquête de l’Insae. « L’avortement clandestin représente plus de 15% de la mortalité maternelle au Bénin, soit près de 60 décès maternels par an. Et lorsque nous nous référons au contexte rural, les chiffres sont encore plus alarmants : c’est plus de 100 décès par an », a-t-elle rappelé.

Brian Sossou a en outre appelé à briser les tabous et à diffuser une information claire sur la question. « C’est ensemble que nous déconstruirons les mythes et les croyances selon lesquelles “parler d’avortement, c’est inciter à en faire”. Non, c’est au contraire un acte de protection et d’autonomie », a-t-elle affirmé.

Briser les chaînes et les tabous

Le médecin coordonnateur de la zone sanitaire Ouidah- -Kpomassè-Tori-Bossito, Dr Laïfoya Olodo, a pour sa part souligné la gravité des conséquences liées aux avortements clandestins. « L’avortement dont nous parlons ici est celui qui n’est pas encadré, qui se fait de manière clandestine et qui entraîne de lourdes conséquences, parmi lesquelles figure la mort », a-t-il averti. Il a également décrit les cas fréquents d’adolescentes arrivant en urgence avec des hémorragies ou infections graves, conséquences d’interruptions non sécurisées, parfois provoquant la stérilité irréversible ou des fistules obstétricales.

Le représentant du chef d’arrondissement de Tokpa-Domè, Marcel Kpanou, a remercié l’Ong pour son initiative. « Cette initiative tombe à point nommé. Nous devons briser les chaînes et les tabous qui condamnent les jeunes filles au silence, à la souffrance, voire à la mort », a-t-il déclaré. Il a enchaîné en encourageant toutes et tous à s’unir pour offrir un avenir meilleur aux jeunes générations.

De son côté, Sarah Folashadé Saïzonou, directrice des programmes de l’Ong, a expliqué le choix de la commune de Kpomassè. Selon elle, il s’agit d’une zone peu couverte par ce type de campagne. « Il y a très peu d’initiatives de sensibilisation où l’on va vers les jeunes et les adultes pour leur transmettre la bonne information », a-t-elle confié. Elle a également relevé des réactions contrastées, notamment chez les jeunes. « Les adultes comprennent les enjeux, mais les jeunes restent encore fermés. Les réactions sont mitigées, entre intérêt et réticente, ce qui montre la nécessité d’être ici », a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, la directrice a souligné que la forte participation des populations témoigne de l’importance de l’initiative. Une cible de 100 personnes était initialement prévue, mais la mobilisation a largement dépassé les attentes, avec près de 400 personnes présentes.

Le panel de la vérité

Lors d’un panel animé au cours de l’événement, les autorités sanitaires ont expliqué à l’assistance, la loi n° 2021-12 du 20 décembre 2021, qui modifie et complète la loi n° 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la Santé sexuelle et à la reproduction. Cette loi définit les circonstances dans lesquelles l’Interruption volontaire de grossesse peut être pratiquée et les dispositions prises pour que cela se fasse dans des conditions sécurisées.

À la fin du panel, une élève qui a suivi les discussions, a exprimé son opposition à l’avortement clandestin. « Mon avis sur l’avortement clandestin, c’est que je ne suis pas du tout d’accord, parce que l’avortement clandestin tue et cause beaucoup de dégâts. Si une amie se retrouve dans ce cas, je peux l’aider à aller au centre de santé », a-t-elle confié.

L’Ong Filles en actions, par cette initiative à la fois inclusive et communautaire, s’inscrit dans un effort de lutte contre les décès évitables liés aux avortements clandestins, et vise à garantir le respect des droits en santé sexuelle et reproductive au Bénin.

LIRE AUSSI :

Lire aussi

Laisser un commentaire

A propos de nous

Bénin Intelligent, média au service d’une Afrique unie et rayonnante. Nous mettons la lumière sur les succès, défis et opportunités du continent.

À la une

Les plus lus

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour être notifié de nos nouveaux articles. Restons informés!