Déclaration du Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC) À propos des soupçons de corruption dans le processus de reconnaissance du parti politique “Le Libéral”
Le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC) a pris connaissance, avec une vive préoccupation, des révélations rendues publiques ce jeudi 15 mai 2025 par le Ministre de l’Intérieur, relatives à des faits de corruption présumée impliquant deux agents de son département ministériel, dans le cadre du processus de reconnaissance du parti politique Le Libéral, porté par M. Richard Boni Quorou.
Selon les déclarations officielles, des agents en service à la Direction des Affaires intérieures et des Cultes ainsi qu’à la Direction des Partis politiques et des Affaires électorales auraient sollicité et perçu d’importantes sommes d’argent en contrepartie de la facilitation du traitement du dossier du parti. Le principal responsable de la formation politique en création aurait accepté cette proposition et effectué les versements incriminés..
Ces faits, s’ils sont avérés, constituent une violation grave des principes d’intégrité, de neutralité et de probité qui doivent guider toute action publique, en particulier dans un domaine aussi sensible que l’organisation de la vie politique et partisane.
Le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption, en tant qu’institution investie de la mission de veiller à l’intégrité dans la gestion publique notamment et de promouvoir une culture de redevabilité et de transparence, tient à rappeler ce qui suit:
1. La corruption n’est jamais un simple dysfonctionnement administratif: c’est une atteinte directe à l’intérêt général, à l’égalité des citoyens devant l’administration, et à la crédibilité des institutions républicaines.
2. La création et la reconnaissance des partis politiques sont des droits garantis par la Constitution. Leur encadrement administratif ne doit, en aucun cas, devenir un terrain d’échange illicite ou d’exploitation de position. BENIN
3. Le HCPC salue la réaction rapide du ministère de l’Intérieur, notamment la suspension des agents mis en cause et l’ouverture de procédures judiciaires. Cette promptitude constitue un signal fort en termes d’exemplarité.
4. Le HCPC invite les autorités judiciaires à instruire ce dossier avec toute la rigueur qu’exige la gravité des faits, dans le respect des droits de toutes les parties, y compris la présomption d’innocence.
5. Il engage enfin tous les acteurs de la vie publique à renforcer leurs mécanismes de prévention et de contrôle internes, afin de réduire les zones de vulnérabilité et de restaurer la confiance des citoyens dans l’impartialité de l’administration
Conformément à sa mission, le Haut-Commissariat poursuivra ses actions de sensibilisation, de veille et de conseil auprès des institutions et des citoyens, afin que les principes d’intégrité, d’équité et de conformité demeurent les piliers de la gouvernance publique dans notre pays.
La lutte contre la corruption ne peut être sélective ni circonstancielle elle est une exigence permanente de justice et de cohésion républicaine.
Fait à Cotonou, le 16 mai 2025
