Le programme Wa Cinéma de l’espace culturel Le Centre a accueilli vendredi 4 octobre, «L’Argile», un long métrage du réalisateur béninois Arcade Assogba.
Pendant plus d’une heure, le film a captivé le public ayant fait le déplacement jusqu’à l’espace culturel Le Centre de Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi. Parmi les cinéphiles présents, on comptait des enfants, des jeunes, des adultes, ainsi que des acteurs du cinéma et de la culture venus d’Abomey-Calavi et des communes avoisinantes.
L’Argile, tourné dans une zone éponyme de Ouidah, est un film écrit par Jean Odoutan qui tient également le rôle principal. « Une coproduction entre 45rdic (France) &Tabou-Tabac Films (Bénin) qui, avec une touche d’humour, dévoile diverses réalités béninoises ».
Le film narre l’histoire de John, un jeune Béninois de retour de France, qui envisage de s’installer définitivement dans L’Argile, un quartier de la ville de Ouidah, où il organise un festival international de film. Sa femme française et ses enfants ne sont pas prêts pour un tel retour au pays. Sur place, John est séduit par Ludivine, La Fée Argile, presque célibataire et enceinte d’un autre (ou déjà enceinte). Rester ou partir ? Un dilemme qui a maintenu le suspense pendant 70 minutes de ce long métrage.
Ce film aborde d’autres thématiques poignantes telles que le retour après l’exode des cerveaux, la culture, l’appartenance, l’histoire, et la tradition des jumeaux au Bénin. « C’est un individu revenu de France dont l’avenir semble se dessiner uniquement dans L’Argile. À travers son regard, nous découvrons différentes complexités auxquelles il est confronté par rapport à sa propre culture. Ce film soulève la question du retour au pays, un processus qui n’est pas toujours aussi idyllique qu’on pourrait le croire » explique Arcade Assogba.

Le film aborde également des questions de filiation, se demandant à qui appartient l’enfant dans nos sociétés. Il met en lumière l’histoire des jumeaux au Bénin, une dimension culturelle profonde qui souligne notre relation particulière avec ces derniers. La jumelle absente est symbolisée par une statuette que l’autre doit porter toute sa vie.
Dans ‘’L’Argile’’, une quinzaine d’acteurs ont participé, incluant Jean Odoutan, Nathalie Hounvo-Yekpe, Marcel Padey, Michel Tonou, Éliane Chagas, Didier Nassègandé, Jaurès Degbey, Akala Akambi, Pr Roger Gbégnonvi, Carole Lokossou, Claude Balogoun, James Salanon, Cokou Yemandje. « Ce film est un geste de grande générosité » reconnait le réalisateur. Tous les acteurs impliqués ont travaillé gratuitement pour concrétiser ce projet, ce qui explique pourquoi le film est sorti 10 ans après le tournage.
Wà Cinéma
Le programme Wà Cinéma est lancé par l’espace culturel Le Centre afin de revitaliser la culture cinématographique et de contribuer à la promotion des productions cinématographiques africaines, en particulier celles en lien avec le continent, dans la commune d’Abomey-Calavi et ses environs. Il a été lancé en 2021.
La qualité et la valorisation des valeurs culturelles africaines sont parmi les raisons pour lesquelles ce film a été choisi pour être projeté, explique Berthold Hinkati, directeur de l’espace culturel Le Centre. « Lorsque le réalisateur Arcade Assogba a présenté son film lors de l’avant-première, les retours étaient très positifs quant à la qualité de l’œuvre. Après l’avoir visionné, j’ai constaté qu’elle répondait à nos critères de sélection. Ce film promeut les richesses du Bénin en particulier, et de l’Afrique en général », a-t-il affirmé.
La projection du film a attiré des cinéphiles de Porto-Novo et de Ouidah. Pour Berthold Hinkati, « cela démontre que lorsqu’on programme un film béninois, les spectateurs sont intéressés. C’est également un moyen pour nous de mettre en lumière toute la chaine de production cinématographique, montrant ainsi la qualité des productions chez nous ».
