Le Bénin a célébré jeudi 1er août, le 64e anniversaire de son accession à l’indépendance. L’événement a mobilisé toutes les forces vives de la nation autour du président de la République Patrice Talon. Le défilé militaire et paramilitaire ainsi que la présentation des tableaux culturels et artistiques ont été les moments forts de cette fête nationale. Retour sur une célébration hautement solennelle.
Ce jeudi matin du 1er août 2024, l’ambiance était bon enfant sur le boulevard de la Marina précisément en face de la géante statue de l’Amazone à Cotonou. Autour de 9h30 minutes, tous les sièges des gradins installés pour la circonstance étaient quasiment occupés. Les différents détachements militaires sont en position. Ils n’attendent que l’arrivée du chef de l’État, pour le démarrage proprement dit des manifestations du défilé du 1er août.
Dans la tribune officielle, les personnalités politico-administratives, diplomatiques et les invités du président de la République sont aussi en place. Seuls quelques retardataires continuent d’affluer. Des centaines de béninois ont pris d’assaut comme à l’accoutumée, les alentours du boulevard de la Marina.
L’attraction Nigéria – Belgique
10h00, le chef de l’Etat arrive à bord du command-car. A ses côtés, le chef d’Etat-major général des armées, le général Fructueux Gbaguidi. Après les jeux de mains pour saluer l’assistance, Patrice Talon rejoint sa place sous les applaudissements des spectateurs et les coups de canon symboliques.
Le protocole d’Etat annonce ensuite le programme des festivités structurées en trois temps. La première étape, le défilé militaire et paramilitaire. Il est rythmé par les musiques de la Police républicaine et de l’armée de terre. Avec pour point d’attention, la parade de deux contingents : celui du royaume de Belgique et celui de la République fédérale du Nigéria. Les deux sont venus témoigner au peuple béninois et surtout à ses Forces de défense et de sécurité, leur franche amitié et leur grande admiration. D’ailleurs, le Bénin et la Belgique célèbre cette année, 25 ans de coopération militaire.
Deuxième étape, le tableau artistique et culturel en trois tomes « soigneusement préparé pour la circonstance et le cérémonial de retrait du président de la République avec, point d’attention, ses salutations à ses différents invités ». Le défilé du 1er août 2024 a pour thème « Les Forces de défense et de sécurité avec la nation pour un Bénin sûr et prospère ».
À couper le souffle
Devant la géante de bronze, la délégation de la République fédérale du Nigéria retient l’attention des spectateurs. Sous le regard admiratif du chef de l’État, Patrice Talon, elle présente plusieurs figures dignes d’une chorégraphie.
Chaque élément de la délégation fait preuve d’une synchronicité parfaite avec le reste de la troupe. Tout ceci sans qu’aucun ordre ne soit donné. C’est le témoignage de la discipline, de l’entraînement et de la concentration de cette armée du voisin de l’est. Par moment, les applaudissements du public viennent rompre le silence d’une assistance curieuse et captivée. Même après le retour de la musique de la fanfare, les figures continuent de s’enchainer avec la même dextérité.
Pendant une trentaine de minutes, le détachement de l’armée nigériane a tenu le public en haleine. À la fin de son passage, le détachement de la musique de la Police républicaine reprend le relais. S’en est suivi le détachement de la douane, puis celui des Eaux, forêt et chasse avec 4 pelotons dont un de porte-trophées.
Après les forestiers, la Police républicaine effectue son passage. Elle est suivie des pelotons de l’armée de l’air puis de la marine nationale.
Changement de cadence
L’absence des anciens chefs d’État Boni Yayi et Nicéphore Soglo n’est pas passée inaperçue aux manifestations officielles. Le président Soglo a en effet fait un malaise un peu avant le défilé. Boni Yayi est allé à son chevet, explique le commentateur de la télévision nationale.
Sur le site, les différents groupements d’intervention de la Police républicaine exécutent la marche royale sous le regard fier du président Talon. Sourire aux lèvres, le chef de l’Etat admire le spectacle. Dans les gradins, les hochements de tête sur la cadence de la musique sont perceptibles. Pendant ce temps, du côté de la base aérienne de Cotonou, des aéronefs se préparent à décoller pour le défiler arien.
Le détachement des sapeurs-pompiers a également défilé. Ce corps de l’armée de terre appartient désormais à l’Agence nationale de la protection civile. Après eux, place a été faite aux pelotons de la garde nationale. Il est dénommé “Peloton Robocop” en raison de son armure, des gilets par coup, « très adapté pour les interventions ». Dans les airs, les aéronefs sont déjà en attente.
L’un des moments les plus attendus du défilé pédestre, c’est le passage des pelotons de maintien de l’ordre de la garde nationale. Avec leur musique mythique « o sɛ é ɖo para jaja jaja, avun ɖé dan jaja avun lɔ na kù [en langue nationale Gun] ». Passe ensuite le peloton de commandos parachutistes. Puis le peloton des femmes de la garde nationale appelé « Agoojie ».
Tableau culturel et artistique
Tout le long du défilé, la fanfare a parcouru, les différents répertoires des artistes qui ont fait et continuent de faire la fierté de la musique béninoise. Notamment Sagbohan Danialou, Angélique Kidjo, Kiri Kanta, feu Gnonnas Pedro et bien d’autres. À la fin du défilé pédestre et aérien, place au défilé motorisé. Un échantillon des différents engins des Fds fait sa présentation.
Au terme de la parade militaire et paramilitaire des Forces de défense et de sécurité du Bénin, le commandant de troupe Roland Kouton a reçu les chaleureuses salutations du président Patrice Talon. Après quoi, le tableau culturel et artistique, l’une des innovations de cette édition de la fête nationale s’installe.
Après l’interprétation de « Votez pour moi » de GG Vickey repris par la musique de la Police républicaine, suivront les passages de l’ambassadeur des musiciens du septentrion, Kalamoulaye et de la diva à la voix suave Pépé Oléka. Cette dernière a repris l’Aube nouvelle, hymne nationale du Bénin en langue fon. Grand moment de concentration et de recueillement sur l’esplanade de l’Amazone.
A la fin de la célébration des festivités marquant le défilé du 1er août à Cotonou, le chef de l’État a salué ses invités. En l’occurrence les membres du gouvernement, les membres du corps diplomatique, les présidents des institutions de la République.
Sur les visages, on peut lire la fierté de l’assistance. Surtout avec le passage du chef de l’État devant les gradins pour saluer la population qui a fait massivement le déplacement. S’en suivra le bain de foule du président Talon, largement applaudi voire, poursuivi pour quêter une poignée de main. La population très excitée scandait tout du long le slogan « Prégo, prégo ».
En somme, le défilé du 1er août a été une belle célébration, toute sobre, mais empreinte de solennité à la hauteur de l’événement.
Avec Raymond FALADE
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