‘’Jeunes filles actrices de développement’’ (Jfad) a donné son deuxième point de presse le samedi 15 avril. Occasion pour le creuset de présenter les futures actions du projet ‘’We go for change’’, en particulier l’organisation du forum des étudiants sur l’élimination des Violences basées sur le genre en milieu universitaire.
Par Arnauld KASSOUIN
En 2018, plus du quart (soit 27%) des femmes de 15 à 49 ans au Bénin ont été victimes d’actes de violence depuis l’âge de 15 ans, selon l’enquête démographique et de santé réalisée par Afrobaromètre de 2017 à 2018. C’est fort de ce constat et au vu de la recrudescence des Vbg, surtout dans la commune d’Abomey-Calavi, la commune abritant le plus grand nombre de centres universitaires au Bénin, qu’a été mise sur pied en juillet 2022, l’initiative ‘’We go for change’’. Cette initiative, conduite des mains de fer de ‘’Jeunes filles actrices de développement’’ (Jfad), entend contribuer à la prévention des Violences basées sur le genre et au renforcement des droits et de la santé sexuelle et reproductive sur le campus d’Abomey-Calavi, et ce par des actions pragmatiques telles que l’éducation, la sensibilisation et des plaidoyers adressés aux autorités politico-administratives.
« Elaboration d’une feuille de route, susciter des engagements de la part des autorités du campus, renforcer la Task Force des organisations qui militent pour le bien-être des étudiants afin d’intensifier les actions pour contrer les Vbg en milieu estudiantin »
A cet effet, pour contribuer de manière significative et productive à la lutte contre les Vbg à l’interne du centre universitaire de Calavi, Jfad envisage d’organiser un forum des étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) sur l’élimination des Violences basées sur le genre en milieu universitaire. A juste titre, pour expliquer l’objet de la conférence de presse, Aichatou Salifou, assistante du projet We go for change, argue que l’objectif premier de cette rencontre est de « présenter aux professionnels des médias le Forum des étudiants de l’Uac qui se tiendra d’ici peu sur les Vbg ». Ce forum vise, entre autres, « l’élaboration d’une feuille de route, susciter des engagements de la part des autorités du campus, renforcer la Task Force des organisations qui militent pour le bien-être des étudiants afin d’intensifier les actions pour contrer les Vbg en milieu estudiantin », a ajouté Kifayath Toko Chabi, coordonnatrice du projet.
Un an après son lancement, We go for change compte plusieurs actions à son actif allant dans le sens de l’atteinte de ses objectifs. On dénombre entre autres, des animations d’atelier de désapprentissage et d’apprentissage sur des thématiques comme le sexisme, la pensée féministe et les Vbg. Aussi, elle a mené des séances de sensibilisation dans plusieurs localités impliquant même les Officiers de police judiciaire.
Parmi les nombreux sujets qui ont fait l’objet de discussions lors de cette conférence, il y a le difficile accès aux données sur l’étendue du nombre de victimes des Vbg au Bénin. « Si l’on avait des statistiques, cela ne refléterait que celles qui ont eu le courage de dénoncer certains faits et non celles qui n’en parlent pas », a clarifié Kifayath Toko Chabi à la question de savoir s’il était éventuellement possible d’avoir accès à des documents sur le nombre de victimes des Vbg à l’Université d’Abomey-Calavi. La coordonnatrice a justifié le choix de ce haut lieu de savoir comme centre universitaire devant abriter ce projet par le fait que de nombreuses plaintes proviennent de cette université.
