[ Droit à l’avortement ] L’absence de décrets d’application de la loi (modificative) relative à la santé sexuelle et à la reproduction inquiète l’Ong « Filles en actions ». Dans une déclaration lue par sa présidente, Brian Sossou à l’occasion du 28 septembre, Journée mondiale du Droit à l’avortement – l’organisation interpelle et lance son programme « She wants she chooses » (Elle veut, elle choisit).
Par ©Sêmèvo Bonaventure AGBON
La volonté affichée du Bénin de lutter contre les avortements clandestins « dont la morbidité et la mortalité sont dramatiques » a un goût d’inachevé.
Tel est le sentiment qui étreint l’Ong « Filles en actions ». La présidente Brian Sossou en veut pour preuve l’inexistence des « décrets d’application la rendant ainsi muette ». Il s’agit ici de la loi n°2021-12 du 20 décembre 2021 modifiant et complétant la loi n°2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction. « Pourquoi tant de lenteur ? » interroge-t-elle.
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En attendant une réponse :
« L’existence de cette loi non applicable de facto, n’arrête pas les avortements clandestins ni leurs conséquences dramatiques avec les décès qui lui sont associés au quotidien », alerte-t-elle. « Que de vies perdues…pour rien ! », se désole Brian Sossou au nom de l’Ong.
Et de plaider « fortement pour que soit accélérée la machinerie administrative de la fabrique des lois pour que soient rendus public ces décrets d’applications s’ils sont déjà établis et une plus grande diligence dans leur mise en œuvre ».
Au Bénin, l’avortement reste un sujet sensible voire tabou dont l’évocation déchaîne des passions. La présidente de l’Ong « Filles en actions » croit que cette loi pourrait y remédier.
En ce sens que son effectivité « permettra d’ouvrir un dialogue franc, sûr et libre sur la question de l’interruption volontaire de grossesses au Bénin sans que nos discours ne soient confondus à de la publicité, encore moins à la promotion de l’Ivg en République du Bénin. L’Ivg n’est pas et ne doit pas être un moyen de contraception ».
« L’avortement en temps incertains »
L’édition 2022 de la Journée mondiale du Droit à l’avortement porte sur le thème : « L’avortement en temps incertains ».
Les temps incertains semblent permanents et sont dus, dans chaque partie du monde, aux différentes crises politique, militaire, sociale, sanitaire, économique, environnementale et humanitaire.
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Elles génèrent des « difficultés de procréation », en cela qu’elles affectent « le logement, l’alimentation, les soins de santé, les services de maternité, la protection et l’accompagnement des femmes enceintes et des enfants, sans parler de l’accès aux services de contraception et d’avortement… », souligne Brian Sossou.
Par conséquent « Nous devons donc tous dire à l’unanimité « protégez les femmes, protégez les soins d’avortement » même en « temps incertains » ou « surtout en temps incertains », a-t-elle lancé.

La position de l’Ong « Filles en actions au Bénin » est que l’accès à un avortement sûr et légal constitue « un soin de santé essentiel ». Il doit donc être placé « au cœur des réponses aux crises », car, « une question de développement » aussi.
À cet effet, Brian Sossou sollicite l’appui politique du Bénin et des partenaires techniques et financiers, « pour que tous les acteurs entrant dans la chaîne y compris les organisations féministes et militantes féministes puissent aller à la rencontre des communautés afin que les cibles visées soient directement atteintes ».
Zoom
« She wants, she chooses » / « Elle veut, elle choisit » est un programme de trois ans avec trois domaines d’intervention. Il s’agit de la santé et l’hygiène menstruelle, l’Iec (information-éducation-communication) sur les Dssr (droits à la santé sexuelle et reproductive) et des actions dont un Plaidoyer collaboratif pour décourager et lutter contre les avortements clandestins.

L’un des objectifs du programme est de réaliser un rapport sur l’état des lieux de la situation des filles au Bénin en matière de Santé et hygiène menstruelle.
photos ©Fiacre Gbediga
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