En 7 législatures, le parlement béninois aura connu 4 présidents : Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, Idji Kolawolé et Mathurin Nago. Aujourd’hui, tous sont hors course pour la 8ème législature. Si Bruno Amoussou, Idji Kolawolé et Mathurin Nago ont volontairement renoncé à briguer une nouvelle législature, l’actuel président du parlement béninois Me Adrien Houngbédji quant à lui, a vu son rêve brisé pour rejet du dossier de son parti politique, le Prd par la Commission électorale nationale autonome (Céna). L’un dans l’autre, ces quatre dinosaures, disent ainsi au revoir à la 8ème législature et probablement aux suivantes. Une retraite parlementaire de toute évidence sauf cataclysme de dernière heure. Les 4 acteurs politiques qui ont eu le privilège de présider aux destinées de l’Assemblée nationale, quittent ainsi la tirade pour la députation mais aussi, pour le perchoir du parlement. C’est dire que la 8ème législature va consacrer le 5ème président de l’An depuis le renouveau démocratique.
Un nouveau doyen d’âge !
C’est le lieu de se rappeler la mémorable citation de l’honorable Rosine Vieyra Soglo, octogénaire et doyenne d’âge de toutes les législatures qui, sous le poids de l’âge a annoncé son retrait de la politique. Elle disait, le lundi 18 février 2019 à l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année : « J’en ai terminé pour m’en aller aveugle, impotente, en délabrement. Je vous souhaite bonne chance et bon vent à vous et à toutes vos familles et que Dieu vous garde… La vieille s’en va et vous dit bye bye… ». Point n’est donc besoin de dire que la 8ème législature, en dehors du fait qu’elle sera dirigée par un tout nouveau président, connaîtra également pour la première fois, un nouveau doyen d’âge.
Les tonitruants aussi partent !
Au nombre de ces députés qui ont marqué la 7ème législature et qui sont obligés de faire leur valise, figure le tonitruant Guy Dossou Mitokpè, le plus jeune député de la 7ème législature. Son parti Restaurer l’espoir (Re) n’aura pas échappé à l’application rigoureuse de la Charte des partis politiques. Celui qui a remplacé le non moins tonitruant Candide Azannaï, cède ainsi son siège. Malgré ses multiples soubresauts et appels au blocage du processus, la tenue effective du scrutin 28 avril met hors de l’hémicycle, le jeune député. Que dire de Éric Houndété qui, après quatre mandatures successives avec pour couronnement, le poste de 1er vice-président, se voit bloqué un nouvel accès au parlement pour non-conformité de dossier. On se rappelle que face au chef de l’état, l’homme a subi une déculottée cinglante quand il a voulu justifier le fait de n’avoir pas signé les statuts et règlement intérieur de son parti politique en mettant en avant que durant sa longue expérience politique, il n’a jamais vu signer les documents suscités. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le président Patrice Talon ne l’a pas raté. Eric Houndété quitte donc l’hémicycle après avoir tenté le tout pour le tout.
Par Laurent KOKOU
