Parrainage, opposition, présidentielle 2021, liberté d’expression, ‘’Les démocrates’’… Ce sont là autant de sujets que le ministre porte-parole du gouvernement, Alain Orounla a abordé, dimanche 8 novembre 2020 sur l’émission « 90 min pour convaincre’’ de la Radio nationale.
Par Sènankpon DOSSOU
Faut-il voir dans la sortie du président Talon, le 4 novembre dernier, sur des marchés en construction, une réponse à la marche récente des femmes de l’opposition ? Alain Orounla pense que non. Le chef de la Rupture n’est en concurrence avec personne. « Il n’y a aucune corrélation entre la sortie du Président de la République et cette marche qui a fait flop. La faible mobilisation qu’il y a eu, signifie que l’immense majorité des béninois est convaincue par les résultats du Programme d’actions du Gouvernement et de ce que le Bénin se construit davantage pour le bien être du plus grand nombre », a relevé l’invité. Il précise même que ladite sortie du Chef de l’Etat ne rentre pas déjà dans les manœuvres de la présidentielle de 2021. « Cette sortie n’a rien à voir avec 2021. C’est un calendrier qui correspond à l’agenda de ces chantiers ouverts un peu partout. Le Président de la République n’est pas le genre qui pose des premières pierres qui restent généralement à l’étape de pierre. Il n’a donc pas à se montrer quand ces chantiers sont lancés ». Patrice Talon n’a effectué donc qu’une mission de contrôle pour constater le taux de réalisation des différents travaux. « La sortie du Président de la République est une sortie qui est parfaitement dans ses attributions de Chef d’État et de chef de chantier qui, après avoir initié et amené le gouvernement à ouvrir une multitude de chantiers qui transforment notre pays, va en bon chef de chantier – c’est ainsi que je le qualifie – voir l’état d’avancement des travaux et leur taux de réalisation », a déclaré Orounla. « Ce n’est pas un test de popularité comme cela est stipulé », a-t-il insisté.
Etat de droit
Sous Patrice Talon, il n’y a pas de dérive autocratique comme le décrètent les opposants. Alain Orounla en a pour preuve l’autorisation exceptionnelle accordée aux femmes de l’opposition pour leur marche. « Une marche annoncée comme le fruit de l’organisation de certaines forces dites de l’opposition, et qui a été autorisée malgré le contexte de la pandémie est la preuve matérielle que le Bénin est, reste et demeurera un État de droit. Un État dans lequel, les libertés publiques et individuelles sont respectées et renforcées ». Tel que promis, le gouvernement travaille à renforcer cet Etat de droit et non de le démolir. « Le gouvernement s’est engagé à renforcer l’Etat de droit, à renforcer la démocratie et c’est cette démonstration que nous faisons tous les jours, en permettant aux gens de dénoncer sans être inquiétés », a-t-il rassuré. Les organisations qui pensent voir ou lire le contraire se trompent, jure le porte-parole du gouvernement. « Les organisations ou organismes auxquels vous avez fait référence ne sont pas les seuls à avoir leurs baromètres. Ces organismes ne sont pas juges de notre démocratie, ni d’aucune démocratie d’ailleurs. Et leur classement à travers un seul prisme ne permet pas de jauger véritablement l’État de notre démocratie », a-t-il déclaré.
Election 2021
La décision que Talon a avoué avoir prise mais a refusé de communiquer au magazine ‘’Jeune Afrique’’ n’est plus autant un secret. Les confidences de ses proches collaborateurs convergent toutes vers sa candidature en 2021. C’est encore ce que son ministre de la communication et de la poste a corroboré, dimanche 8 novembre. « Je crois que la candidature du Président Talon s’impose à lui-même. En cinq ans, notre pays a été transformé. En cinq ans, le Bénin a connu un leadership véritablement responsable et méthodique. Il y a eu de l’audace, de la planification, de l’organisation et surtout du suivi, qui ont donc conduit à des résultats tangibles ». « Le Président ne se pose plus la question de savoir s’il rempile ou pas. Il y a des impératifs qui s’imposent à nous au gouvernement et qui sont tous, supérieurs aux spéculations et aux envies malsaines des uns et des autres ». A propos du vice-président, Orounla a également fait des mises au point. « Ce dernier, dit-il, est forcément un allié et un partenaire du candidat président. « Ce sera au Président Patrice Talon, quand il se portera candidat, de faire le choix de la personnalité qui lui paraît compétente pour être à ses côtés dans ce duo ». Attention ! le Vice-président peut ne pas être du BR, de l’UP, ni d’aucun autre parti politique, a prévenu Orounla. « Ce choix est laissé à la discrétion du président candidat en fonction de qui pourrait l’aider à s’imposer à l’occasion de l’élection à venir ».
Opposition
Le gouvernement actuel ne travaille guère à verrouiller le jeu électoral aux opposants. Sinon, il ne voit pas pourquoi la loi sur le statut de l’opposition « avec des privilèges quasi-dignes d’un Chef d’État » aurait été votée. Quant à l’obtention de l’existence légale, pas de craintes si les conditions sont remplies. « Si Les Démocrates remplissent les conditions, il n’y a pas de raisons qu’ils n’aient pas leur récépissé. Nous sommes d’ailleurs très pressés de mener des débats d’idées », a rassuré Alain Orounla. « Les Démocrates ne dérangent personne, aucun parti d’opposition ne dérange personne. Ils peuvent en constituer autant qu’ils veulent. Ce que nous ne voulons pas, c’est la pléthore de partis politiques, qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition ».
Pour finir, l’invité de ‘’90 min pour convaincre’’ s’est aussi prononcé sur le système de parrainage. Les élus-parrains sont libre d’accorder leurs signatures aux candidats de leur choix, a-t-il réaffirmé. « L’acteur politique en sa qualité d’élu, dispose d’un privilège que la République lui a conféré d’adouber la candidature d’un béninois dont il ne partage pas forcément les convictions ». Par conséquent « Le parrainage doit donner la chance à tout candidat crédible d’aller à la compétition. Ça n’oblige pas le parrain à avoir les mêmes convictions politiques que celui à qui, il donne son parrainage. Cela ne l’oblige pas non plus, à ne pas soutenir sur le terrain, le candidat de sa formation politique. C’est une question de maturité politique »
