Home Actualité Véhicules saisis, amendes aléatoires : Taximen à bout; Dogbo en grève

Véhicules saisis, amendes aléatoires : Taximen à bout; Dogbo en grève

Par Koladé Raymond FALADE
0 Commentaire

Les chauffeurs de taxi-auto dénoncent des contrôles policiers jugés abusifs, des amendes aléatoires et des véhicules envoyés en fourrière. Entre surcharge, radars et documents exigés pour le transport de marchandises, ils estiment rouler à perte et réclament des mesures urgentes. Bénin Intelligent est allé à leur rencontre. Reportage empreint de témoignages et chiffres glaçants…

Dans la matinée de ce mardi 25 février, la gare routière de Godomey est presque vide de clients. Seule la présence des véhicules à l’immatriculation jaune rappelle qu’il s’agit bien d’une gare. Aucun convoyeur n’est là pour accueillir et orienter les passagers comme à l’accoutumée.

Sous une paillote, un petit maquis sert de refuge aux chauffeurs de taxi-auto. Certains tiennent des bouteilles de bière à la main. C’est leur échappatoire pour oublier leurs soucis et réfléchir à la situation difficile que traverse leur corporation depuis plusieurs mois.

Dans leurs discussions, une plainte revient avec insistance. Ils dénoncent les « tracasseries policières » dont ils se disent victimes. Malgré le paiement de la visite technique, de la Taxe sur véhicule à moteur (Tvm) et de l’assurance, ils estiment être constamment verbalisés par les forces de l’ordre.

Selon les chauffeurs, les motifs de contravention varient : excès de vitesse détecté par radar, non-port de la ceinture de sécurité, surcharge du véhicule… « On charge désormais trois passagers à l’arrière et un à l’avant. De Godomey à Bohicon, les quatre passagers nous rapportent environ 12 000 F Cfa. Il faut entre 20 et 30 litres d’essence pour l’aller-retour. L’essence de contrebande coûte 650 F, et à la station, environ 700 F. Rien que pour 20 litres, on dépense 14 000 F. Nous roulons pratiquement à perte, surtout ceux qui travaillent sous contrat. On doit verser 50 000 F au propriétaire du véhicule chaque semaine pendant deux ans », détaille Hodonou Bruno Dovonou, président de la gare routière de Godomey.

Pourtant, certaines infractions ne relèvent pas, selon eux, de la volonté des chauffeurs. « Parfois, en route, des passagers demandent un arrêt pour uriner. En remontant dans le véhicule, ils oublient souvent de remettre leur ceinture, ce qui est compréhensible puisqu’ils n’y sont pas habitués. Mais une fois au poste de contrôle, les policiers nous arrêtent et nous verbalisent », explique Bruno Dovonou.

Autre point de contestation, l’absence d’harmonisation des contraventions. « Certains policiers exigent 20 000 F, d’autres 15 000 ou encore 25 000 F. Et au final, on ne sait même pas pourquoi on paie », déplore-t-il.

Des contrôles renforcés et des sanctions jugées excessives

Le problème du chargement hors gabarit constitue également un motif récurrent de friction avec les forces de l’ordre. « Tu ne peux même pas charger un sac de charbon sans être interpellé. La contravention est de 15 000 F pour deux sacs de charbon qu’on charge à 1 000 F à raison de 500 par sac », explique Bruno Dovonou.

« Quand tu quittes Dassa avec des passagers qui transportent du charbon, c’est encore pire. Pour un seul sac, il faut faire des papiers, sinon la police t’arrête en route. C’est du harcèlement. Moi, je demande au gouvernement de supprimer l’obligation de documents pour un ou deux sacs de charbon. » renchérit son collègue Gilles Aza.

Au Bénin, le transport du charbon de bois est réglementé. Dans le cas du commerce du bois énergie, les moyens de transport et les quantités autorisées sont : «404 bâchée pour une contenance maximale de 30 sacs de charbon de bois ou 4 stères de bois de feu ; camion 15T pour une contenance maximale de 220 sacs de charbon de bois ou 28 stères de bois de feu ; Titan pour une contenance maximale de 500 sacs de charbon de bois ou 60 stères de bois de feu ».

Par ailleurs, le transport du charbon de bois et du bois énergie dans ces conditions est subordonné à la détention d’un titre de transport obtenu après paiement en ligne des taxes et redevances fixées à 630 francs par sac de charbon et 735 francs par stère de bois. Ces dispositions ont été rappelées dans un communiqué publié en janvier dernier par le conservateur principal Akoutan Adjakou Adjinda, directeur général des Eaux, forêts et chasse.

Ces derniers jours, la police républicaine a intensifié les contrôles en ciblant les véhicules jugés vétustes ou « branlants ». Conséquence, certains chauffeurs se retrouvent privés de leur outil de travail. C’est le cas de Bruno Dovonou, président de la gare routière de Godomey. « Moi, mon véhicule est en fourrière. Pour quelle raison ? Les policiers parlent de “véhicule branlant”. Je ne sais même pas si c’est réellement la loi qui impose cela. On ne nous informe de rien. Pourtant, nous avons des bouches à nourrir. » témoigne-t-il.

Face à cette situation jugée injuste, certains chauffeurs de taxi-auto, notamment ceux de Dogbo, ont observé une grève de deux jours, du lundi 24 au mardi 25 février, pour exprimer leur ras-le-bol. Pendant ce temps, à la gare routière de Godomey, l’activité continue tant bien que mal, malgré les nombreuses difficultés soulignées par les conducteurs de taxi-auto.

Rejoignez-nous en cliquant 👇🏿

LIRE AUSSI

Lire aussi

Laisser un commentaire

A propos de nous

Bénin Intelligent, média au service d’une Afrique unie et rayonnante. Nous mettons la lumière sur les succès, défis et opportunités du continent.

À la une

Les plus lus

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour être notifié de nos nouveaux articles. Restons informés!