Depuis la deuxième session ordinaire de l’année 2024, l’Assemblée nationale a engagé une transformation significative dans l’exercice de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.
Autrefois cantonnée aux séances de questions orales avec ou sans débat, la prérogative constitutionnelle de contrôle parlementaire de l’action gouvernementale prend désormais une dimension plus concrète et proactive.
En effet, sous l’impulsion de la neuvième législature, dirigée par le président Louis Vlavonou, les parlementaires ont adopté une approche de proximité en allant directement à la rencontre des populations.
Cette immersion sur le terrain leur permet d’évaluer l’impact réel des politiques publiques, de vérifier l’exécution effective des projets gouvernementaux et d’instaurer une relation de confiance avec les citoyens.
Cette «démarche … leur permet d’aller au contact des réalités vécues par les populations et de vérifier concrètement l’exécution des projets et programmes gouvernementaux », a expliqué le porte-parole du président de l’Assemblée nationale Vitali Boton lors d’un point de presse jeudi 30 janvier à Porto-Novo.

Des missions de contrôle renforcées sur le terrain
Au cours de la deuxième session ordinaire de l’année 2024, le Parlement a ainsi organisé plusieurs missions de contrôle pour évaluer la mise en œuvre des initiatives gouvernementales. Quatre principales interventions ont marqué cette période :
•Suivi du Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (PAIA-VO)
Cette mission a mobilisé les députés membres de la Commission des finances et des Échanges, de même que ceux de la Commission du Plan. Pendant plusieurs jours, ils ont parcouru les communes d’Abomey-Calavi, Zè, Dangbo et Adjohoun afin d’évaluer l’avancement des travaux et de s’assurer que les investissements agricoles bénéficient réellement aux populations locales.
•Évaluation du renforcement du système d’alimentation en eau potable
Les parlementaires ont également porté leur attention sur le projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable dans plusieurs villes, notamment Savè, Dassa-Zoumè et Glazoué. Cette mission, conduite par les mêmes commissions, visait à analyser l’impact des infrastructures mises en place et à identifier d’éventuelles lacunes dans l’accès à l’eau potable.
•Examen des pétitions sur le découpage territorial et la démultiplication des villages
La question du découpage territorial et de la reconnaissance administrative de nouveaux villages a fait l’objet d’un examen approfondi par la Commission des Lois, de l’Administration et des Droits de l’Homme. Les députés ont sillonné alors plusieurs localités, notamment Ouidah, afin de recueillir les doléances des populations et d’évaluer la pertinence des requêtes en cours.
Cette nouvelle dynamique du contrôle parlementaire illustre la volonté des députés d’adapter leurs méthodes aux réalités du terrain. En délaissant une approche strictement institutionnelle pour une démarche plus interactive, ils affirment leur rôle de relais entre les citoyens et l’Exécutif.
À travers ces missions de proximité, l’Assemblée nationale renforce la transparence et la redevabilité dans la gestion des affaires publiques, tout en consolidant la démocratie participative au Bénin. Cette innovation marque ainsi un tournant décisif dans l’exercice du contrôle parlementaire et ouvre la voie à une gouvernance plus inclusive et efficace.
