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Opinion/Quitus fiscal : Instrument de moralisation de la vie publique et politique

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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La plus grande différence entre les pays développés et ceux qualifiés de sous-développés est que les premiers considèrent la politique comme le fait de se mettre au service des autres et se sacrifier alors que les seconds prennent la politique comme l’art de se servir des autres pour se hisser et s’enrichir.

Oui c’est la conception que nous avons tous, du moins une grande majorité de la politique. Et cela se sent et se ressent par la débandade (retrait de certains de la vie politique, les pleurs et regrets pour d’autres) qui s’observe chez nos politiciens concernant l’obtention du quitus fiscal. Une honte n’est-ce pas ?

S’il est vrai que ce précieux sésame comme pièce à fournir pour être candidat n’est pas une nouveauté au Bénin car tous les candidats à la présidentielle sont soumis à cela, il demeure cependant une nouveauté pour les candidats à la députation. N’est-ce pas une excellente chose à encourager et à maintenir contre vents et marées et à constitutionnaliser pour toutes fonctions politiques, les hautes fonctions et emplois, les hautes fonctions au niveau du haut commandement militaire ?  C’est pour cela nous saluons cette réforme ô combien audacieuse.

Une mise en œuvre rigoureuse et impartiale de cette réforme est la seule condition de sa réussite. C’est pourquoi cette réforme ne doit pas avoir pour objectif l’élimination des adversaires politiques de la course électorale et le favoritisme pour les partisans même s’ils ne sont pas en règle. La mesure doit être la même sans discrimination aucune pour tous les camps et penser à sa généralisation aux hautes fonctions.

Dans notre pays, c’est l’impôt de la veuve et de l’orphelin qui sert à payer des salaires et émoluments à couper le souffle aux politiciens mais ces derniers à leur tour sont abonnés absents dans le fichier des contribuables. Quelle ignominie !

Le quitus fiscal doit dépasser le but électoral et porter résolument son manteau de la moralisation de la vie publique et politique afin de redonner espoir et confiance à ce pays et surtout de relancer son plein développement. Ceci passe par sa généralisation pour certains postes ou fonctions. Et c’est là nous attendons le Président Talon pour mesurer sa sincérité ou non dans la moralisation de l’espace politique.

D’abord notre souhait est qu’avant la nomination des membres du haut commandant militaire, des membres du gouvernement, des préfets, des directeurs généraux des sociétés, agences, centres, offices; des directeurs généraux des structures techniques ou centrales notamment la douane, l’impôt, le trésor, les infrastructures; etc..; le Président exige des prétendants à ces diverses fonctions de fournir leur quitus fiscal car voilà également un maillon très important de notre vie publique qui gère des dizaines voire centaines de milliards de nos francs sans forcément payer leurs impôts. Puisque leurs nominations relèvent du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’État, il peut si non doit commencer par faire le ménage à ce niveau sans attendre aucunement le vote d’une loi qui l’y oblige, juste la volonté politique suffit.

Ensuite, les fonctions électives comme la présidentielle, la députation, les communales etc. et la liste n’est pas exhaustive. Car voilà en gros ceux qui bouffent la plus grande part du budget du pays mais n’aiment pas payer leurs impôts.

Enfin, les membres des institutions de la république à qui il faudra forcément étendre la mesure par la modification des lois organiques respectives qui les régissent.

C’est en faisant cela qu’on pourra rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Si Talon veut rentrer dans l’histoire concernant la moralisation de la vie politique il se doit d’aller vers la généralisation du quitus fiscal et rendre justice au peuple abusé par ces politiciens et fonctionnaires cupides qui assèchent les caisses de l’État et refusent aux veuves et orphelins d’avoir de l’eau, l’électricité, les routes etc.

Le quitus fiscal est un instrument de justice sociale, d’équité, de transparence et de la paix sociale. “La paix n’est pas un vain mot mais un comportement” disons-nous pourtant nos politiciens préparent constamment la guerre en refusant de payer leurs impôts mais obligent les entreprises, les artisans, les petits commerçants, la veuve et l’orphelin à s’acquitter de leurs impôts sous peine de poursuites et de saisie de leurs marchandises. Si le tir n’est pas corrigé alors nous ne sommes à l’abri de l’explosion de la tension sociale car on saura marginaliser tout le temps le bas peuple ; à moins qu’ils souhaitent que ce dernier leur explique le contenu d’une loi qu’ils ont voté car c’est la saison d’explication aux députés des lois initiées, étudiées et votées par leurs soins. Lol ! Une vraie foutaise.

Wilfran OGUÉ (Contribution)

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