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Vernissage/résidence de l’Union européenne : Louis Oke Agbo et Sébastien Boko en attraction

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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La délégation de l’Union européenne a fait contempler au public dans la soirée du mercredi 28 septembre, les œuvres des artistes Louis Oké Agbo et Sébastien Boko. Le premier fait de l’« art-thérapie », le second, sculpteur a exposé sa « série Amazones » qui met en l’honneur les Agoojié – braves femmes militaires de l’ancien Danxomè.

Par Donatien Fernando SOWANOU (Stag.)

Les vernissages à la résidence de l’Union européenne constituent une tradition. Sylvia Hartleif, successeure de Oliver Nette n’y déroge pas depuis son arrivée.

« Cette aventure a commencé en 2018 et je peux affirmer que des artistes de renom sont passés pour nous honorer de leurs expositions », rappelle-t-elle.

La neuvième édition, celle du mercredi dernier, obéit à la même ambition de de révéler les artistes Béninois. « Les artistes Béninois de par leur talent indéniable, méritent un accompagnement pour le rayonnement de leur art. Et l’Ue entend apporter sa contribution », a-t-elle réaffirmé.

Pour la circonstance Louis Oké Agbo a donné à (re)découvrir son talent qui va de pair avec l’action sociale au profit des personnes abandonnées et surtout celles souffrantes de déficience mentale. Les sujets sur ses tableaux, enfants comme adultes ont en partage d’être des « moi-vides », des êtres rejetés dans la rue.

 

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L’artiste leur donne de l’importance en les prenant non seulement en photo mais aussi en les initiant à son art. Ce qui, avoue-t-il, participe à leur guérison. D’où son exhortation à chaque fois, à soigner l’humain :

« Ma démarche contribue à révéler davantage le lien étroit, l’unicité entre l’Homme et la terre. Tout est en un. C’est pourquoi au Bénin les éléments naturels sont divinisés au fait. L’idée est partie de là. Alors je me suis demandé comment traiter cette information. Donc j’essaie de prendre le corps humain et le corps de la terre et je les mets ensemble. Résultat, le corps prend corps. C’est là que je vois le dégât que nous créons dans notre environnement. Comme l’environnement est mieux pensé au Bénin, nous avons des adeptes de Sakpata, les Dansi, les Hebiososi et les MamiWata…C’est dire que l’Homme même rentre dans le jeu et devient adepte pour vénérer ces éléments. Ces éléments constituent la composition de l’être humain. Je vois que si ces éléments sont bien pensés, pourquoi ne pas prendre soin de l’être humain, alors que l’être humain est au centre de tout ? » interroge-t-il.

Louis Vidjanngni Oke Agbo est né vers 1980 dans les Aguégués. À travers son Ong « Vie et solidarité », il aide plus d’un à guérir. Surnommé le « photographe thérapeute », l’ambassadrice de l’Union européenne le qualifie de stratège. « Ces personnes victimes de troubles mentaux peuvent grâce à cette initiative s’épanouir au quotidien à travers les prismes créatifs de la libre expression », renchéri Sylvia Hartleif.

Du bois sur du métal…

Sébastien Boko quant à lui est sculpteur professionnel. Il a hérité l’art de son père dès l’an 2001. Il mélange son potentiel au « bois, métal et peinture pour évoquer des formes et des mouvements intemporels qui transcendent notre humanité », résume Sylvia Hartleif.

L’art de Sébastien Boko représente et incarne la femme dans sa grandeur et splendeur, les masques et l’existence de réalités autrefois mis sous couvert. La femme en un mot constitue sa source d’inspiration puisque les œuvres exposées sont pour la plupart dédiées à la gente féminine.

Dans la Série Amazones, Sébastien Boko ne s’en tient pas qu’à l’élégance physique -les oeuvres font plus de 2m de taille- de la femme. Ce qui honore cet être taillé dans du bois (symbole de son côté naturel), ce sont ses qualités de bravoure, vaillance…sa résistance que traduisent les vêtements ou parures en métal. Référence indéniable aux ‘’Agoojié’’, cette armée de guerrières ayant combattu aux côtés du roi Gbêhanzin dans sa résistance contre la colonisation.

« Le bois est le côté naturel, simple, évident ; et le métal qui vient pour dire que pourtant naturel et évident nous avons de l’énergie. C’est une série qui rend hommage aux femmes, aux femmes solides, grandes, des femmes qui se battent pour des raisons, des femmes qui n’ont pas peur d’aller de l’avant, des femmes qui prennent des décisions, des femmes qui ont des visions et qui se battent pour leur concrétisation. Agencer du bois sur du métal, les deux techniques ne sont pas pareilles. L’autre se sculpte et l’autre se tord, ou se découpe avec des machines. Le duel entre les deux pour retrouver cette force dans la femme, pour moi cette démarche est en quelque sorte l’éducation que le monde nous apporte et nous inspire, l’éducation que nous pouvons aspirer porter à nos enfants », explique Sébastien Boko.

Les œuvres sont accessibles au public sur rendez-vous jusqu’au mercredi 18 janvier 2023.

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