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« Campus de Boologie » à Sékou : La question des ‘’abikù’’ et ‘’jikù’’ à la loupe

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Une séance du “Campus de Boologie” s’est tenue, vendredi 26 août à Sékou, dans l’espace du Temple de la déité Thron Goka Awudja de Hounnon-Bokonnon Sogbosi Agbawassi‚ arrondissement de Fellou, commune d’Allada.

 

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

 

Les Campus de Boologie ont été institués par la deuxième résolution du colloque scientifique international ‘’10 janvier : et après ?’’ organisé les 19, 20 et 21 janvier 2022 sous le thème « Le Vodùn dans un monde en mutation : de la prétention cartésienne à la rationalité mantique ».

La mise en exécution a commencé à Sékou le 20 mai‚ puis à Abomey-Calavi le 12 juillet, en attendant leur élargissement à d’autres localités du Bénin.

 

LIRE AUSSI: Colloque scientifique ‘’10 janvier : et après ?’’ : La problématique des chefferies traditionnelles et de la gouvernance au Bénin

 

La énième séance des rencontres du vendredi, s’est tenue le 26 août à Sékou; elle a été l’occasion d’aborder deux thématiques dont la première est statutaire et a trait aux «petits riens des Boo- pharmacies pour faire face aux urgences de la santé des membres de la famille»; et la seconde, le «mystère des Hoxo –jumeaux, et la question du « jikù » et des « abikù ».

Le campus de Boologie, par essence, est «un espace de rencontre entre les universitaires et les vodùnon» en vue d’une co-pensée, un co-travail.

Cette deuxième thématique a vu, pour une première fois à Sékou, la consommation de la “co-pensée”; puisque c’est une préoccupation du chercheur Arnaud Houedjissin, l’invité de marque. Professeur à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), l’enseignant de Droit travaille sur la question de la personnalité juridique dans la tradition et ses implications en ce qui concerne les enfants « non viables »‚ ‘’jikù’’ ou mort-nés. Leur donne-t-on un nom, peuvent-ils hériter ? Telle est la problématique introduite par l’universitaire.

 

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Hounnongan Ananounon‚ recteur du campus de Boologie de Sékou et dignitaire de Thron Kpeto Goka Awudja et Hounnon-Bokonnon Sogbossi Agbawassi ont apporté leur éclairage sur la question en présence de jeunes écoliers et collégiens, de Bokonon alliés et des sympathisants.

Hounnon-Bokonnon a procédé à une démarcation entre le phénomène dit « jikù », littéralement « faire successivement des mort-nés » et les « abikù », nom donné aux enfants qui survivent après plusieurs fausse-couches.

Hounnongan Ananounon a renchéri en ajoutant que « Les causes du ‘’jikù’’ sont variées. Il peut s’agir d’une hérédité remontant par exemple à l’arrière-grand-père, tout comme la cause peut être liée à une maladie aussi bien chez l’homme que la femme. Et troisièmement, l’anomalie peut être provoquée spirituellement par des tiers».

Aussi, le ‘’jikù’’ dit-il, « peut-il résulter d’une auto-malédiction » vu la puissance du verbe. Le fait de dire par exemple : « je ne veux pas d’enfant » au nom des études, peut enclencher la causalité. «On peut prendre des précautions contraceptives sans prononcer des paroles négatives contre soi-même », a-t-il exhorté. Le dignitaire rassure qu’il existe des solutions dans la pharmacopée. De plus, a-t-il insisté, «il faut surtout interroger le Fâ à cet effet».

Hounnon Sogbossi Agbawassi a confirmé les données fournies par le premier locuteur et a témoigné avoir soumis avec efficacité, des femmes qui subissaient la tribulation de “jikù”, à un traitement d’environ six mois.

Les discussions ont été modérées par le professeur Coovi Raymond Assogba, sociologue du développement, directeur du Laboratoire de Boologie et de l’Intégral du développement (LaBooID) et responsable de l’Unité d’enseignement de Boologie à l’Université d’Abomey-Calavi.

Les rencontres dans le cadre du ” Campus de Boologie”, permettent également aux dignitaires de partager les « boo-technologies » ou connaissances des plantes appliquées à la résolution des ennuis imprévus de santé.

Un Campus de Boologie, rappelons-le, se veut « un espace ouvert de la co- réflexion, de la co-pensée et de la co-élaboration entre ‘’Vodùnnɔ’’ et scientifiques».

 

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Il est stimulant de garder à l’esprit, en assistant à la séance des Campus de Boologie, qu’une créativité est en cours dans l’intervalle des universités et des Hounkpamè, et qui a pour paradigme “la rationalité mantique du Vodùn”.

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