Home Actualité Restitution des biens culturels : La France et le Bénin donnent le top de l’acte 2 (Une mission française dépêchée à Cotonou)

Restitution des biens culturels : La France et le Bénin donnent le top de l’acte 2 (Une mission française dépêchée à Cotonou)

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Après la restitution des 26 trésors royaux, le Bénin est engagé pour le retour au bercail des autres biens culturels conservés dans les musées en France. Une ambition annoncée par le président Patrice Talon lui-même en France à l’occasion de la signature de l’acte de restitution des premières œuvres. Dans le cadre de l’acte 2 de la restitution des biens culturels, une délégation française conduite par l’ambassadeur pour la coopération internationale dans le domaine du patrimoine Jean-Luc Martinez a effectué du lundi 7 au vendredi 11 février une visite au Bénin.

Par Raymond FALADE

Au cours de la mission, la délégation française a mené d’importantes activités notamment la visite d’un certains nombre de sites patrimoniaux à Porto-Novo, Ouidah et Abomey. Elle a eu également l’opportunité de dialoguer, d’échanger avec les professionnels béninois, les politiques ainsi qu’avec le président de la république à la demande du ministère du Tourisme, de la culture et des arts. Lors du point de presse donné au terme de la mission, le ministre du Tourisme, de la culture et des arts Jean-Michel Abimbola est revenu sur le bien-fondé de cette mission. Il a fait savoir que la délégation est à Cotonou pour le compte de la république de France dans le cadre de la coopération que les deux pays ont développé. Il s’agit‚ a-t-il expliqué, d’une coopération muséale et patrimoniale dont le premier acte s’est soldé par le retour des 26 trésors royaux du Bénin le 10 novembre 2021.
En effet, le président français lors de la restitution des 26 biens culturels a pris l’engagement au musée du Quai Branly Jacques Chirac, à l’Elysée, d’envoyer une mission au Bénin pour refléchir sur l’acte 2 des restitutions de ce partenariat entre le Bénin et la France. Le ministre Jean-Michel Abimbola s’est réjoui d’accueillir au Bénin cette mission française «dans une semaine où le Conseil des ministres a posé de nouveaux pas majeurs avec la création de deux structures : la réunion des musées publics (Rmp) et la Création du musée d’art contemporain de Cotonou (Cmac)». Pour lui, “c’est une coïncidence surtout un signe du destin pour montrer qu’il n’y a pas de hasard dans la vie ou dans les politiques publiques bien pensées». «Nous avons avec l’ambassadeur Martinez et l’ensemble des équipes béninoises des parties prenantes, exploré l’enjeu des restitutions, à l’aune de ce nouvel écosystème. Un écosystème qui a besoin d’entretenir une perspective de restitution qui intègre les problématiques de circulation d’œuvres, de partage de compétences, d’initiatives conjointes comme des expositions mixtes à venir»‚ a informé le ministre de la Culture.

Le Bénin a profité de cette mission pour présenter à la partie française, les dispositions prises pour la conservation et la valorisation de ses œuvres patrimoniales. À titre d’exemple, l’exposition dyptique actuellement en cours au Bénin. Pour Jean-Michel Abimbola, les vagues de restitution sont nécessaires «parce qu’il y a un public béninois, une jeunesse béninoise, une intelligentsia béninoise et une population béninoise qui a besoin de les découvrir ici, parce qu’il n’y a pas les moyens de les découvrir ailleurs». Le souhait‚ insiste-t-il, est que ces œuvres puissent être à la portée des Béninois et des Africains, en Afrique et non seulement ailleurs. C’est d’ailleurs‚ a justifié le ministre, le sens de cette exposition qui sera ouverte au public à partir du 20 février 2022.
L’objectif désormais, c’est d’aller plus loin. Et l’acte 2 des restitutions montre combien le Bénin est capable de relever ce défi. «Notre pays est capable de rassurer la communauté internationale, de rassurer les États qui ont ce patrimoine et de rassurer également les collectionneurs privés, les marchands d’art et tous ceux qui par manque d’information s’inquiétaient sur le devenir de ces oeuvres». En mission à Cotonou, l’ambassadeur Martinez s’est rendu compte de la cohérence de la démarche et surtout de la politique culturelle mise en place par le Bénin lors des échanges avec les différents acteurs. Après avoir visité le montage, l’exposition, il a vu les professionnels au travail pour le montage de l’exposition des 26 trésors royaux.
La mission française s’est également entretenue sur le plan technique de la restitution, avec les experts du patrimoine culturel béninois notamment les universitaires, les spécialistes des questions de sécurité, de sûreté, la douane, la Police républicaine et les hommes en charge du pouvoir politique au Bénin.

Une révolution culturelle en cours…

Aujourd’hui, le Bénin dispose d’un retour d’expérience qui peut servir à structurer les prochaines opérations de restitution. «Nous avons pu apprécier les questions techniques, les procédés de terminaison des listes d’œuvres à restituer. À cela s’ajoute le travail sur la provenance, par exemple l’étude généalogique, cartographique des œuvres et également la mise en place du mécanisme d’implication d’autres acteurs»‚ a confié le ministre Jean-Michel Abimbola. Désormais, acteurs confessionnels et les privés seront associés dans les vagues de restitution d’œuvres. Ces échanges‚ a informé le ministre, vont nourrir les réflexions pour une deuxième étape du processus. Jean-Michel Abimbola a salué cette mission qui à l’en croire a «été satisfaisante».
La France de son côté s’est montrée également disponible pour accompagner le Bénin dans ce processus de restitution des autres biens culturels. Ceci, à travers l’élaboration d’une Loi cadre qui «permettrait de penser différemment ce processus de restitution non pas sur liste, cas par cas, mais en définissant des critères qui pourraient être qualifiés de ”restitutiabilité”»‚ a annoncé l’ambassadeur Jean-Luc Martinez. Il s’agit a-t-il expliqué, «de venir entendre ce que nos collègues béninois attendent, d’entendre aussi leurs besoins, de comprendre les aspirations». C’est donc une mission de consultation de mes collègues béninois mais également de l’ensemble des personnalités en charge de la culture»‚ a ajouté l’ambassadeur. «Le Bénin a un patrimoine exceptionnel, un patrimoine de l’humanité à la fois pour la mémoire de l’esclavage. Ces sites sont un trésor pour le Bénin et pour l’humanit黂 témoigné Jean-Luc Martinez. Il a salué le dynamisme en cours au Bénin actuellement pour la promotion du tourisme. «Je suis impressionné par l’ambition culturelle, le dynamisme. Il se passe quelque chose ici au Bénin. Une véritable ébullition culturelle. Je l’ai vue, je l’ai entendue de mes collègues»‚ a-t-il confié. Jean-Luc Martinez a promis déposer auprès du président français Emmanuel Macron, son rapport dans quelques jours pour la suite de la coopération.

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