La situation sécuritaire des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile en Tunisie inquiète des experts de l’Onu qui ont alerté, lundi 14 octobre sur la violation des droits de l’homme à leur encontre.
Des « violences physiques, y compris des coups, des menaces d’utilisation d’armes à feu, l’enlèvement des moteurs et du carburant, et le chavirement des bateaux ». Voilà des exactions dont sont victimes les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile en Tunisie. Des situations de violation des droits de l’homme qui entrainent parfois des pertes en vies humaines.
Les chiffres des experts sont alarmants. Entre janvier et juillet 2024, 189 personnes auraient perdu la vie lors des traversées. Parmi elles se retrouvent des enfants. 265 seraient mortes lors des opérations d’interception en mer. Et 95 personnes sont portées disparues. Les experts soupçonnent des victimes de disparitions forcées ou d’actes assimilables à des disparitions forcées.
Les experts des Nations unies mentionnent des « manœuvres dangereuses » qui mettent en péril la vie des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile en mer. Des exactions pourtant commises lors « d’opérations de recherche, de sauvetage et de transferts vers les zones frontalières ». Les experts se disent « consternés par les violences signalées et l’usage excessif de la force lors de ces transferts ».
Droits humains en péril
« Nous avons également reçu des rapports faisant état d’abus sexuels et d’exploitation d’enfants, ainsi que de viols de femmes et de filles âgées d’à peine 10 ans dans les zones frontalières », ont-ils alerté. Une situation qui semble n’avoir aucun impact sur les autorités, notamment de l’Union européenne. Celles-ci continuent de considérer la Tunisie « comme un lieu sûr » pour les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile. Et ce, en dépit des alertes des défenseurs des droits de l’homme.
« La coopération se poursuit après la conclusion du protocole d’accord sur un partenariat stratégique et global entre l’Union européenne et la Tunisie », ont-ils déplorés. Car un tel partenariat « porte gravement atteinte aux droits de l’homme internationaux et au droit international des réfugiés », martèlent les experts.
Les experts lancent ainsi une alerte internationale à la violation des droits de l’homme. D’autant plus qu’en Tunisie, la répression « des organisations de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme … a limité l’accès des migrants aux services de base ».
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