Au nom du groupe de travail des Organisations de la société civile béninoise pour l’Examen périodique universel (Epu), l’Ong Changement social Bénin a organisé le jeudi 17 mars à Azalaï hôtel de Cotonou, un atelier de renforcement de capacités des Osc sur le bilan du troisième cycle de l’Epu et la préparation du quatrième. Il est financé par l’Union européenne avec l’appui technique du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies, bureau régional Afrique de l’ouest.
Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
Le Bénin a bouclé en 2017 trois examens périodiques universels après ceux de 2008 et 2012. Il s’apprête à passer le 4ème cycle. L’Examen périodique universel (Epu) est un mécanisme établit par la résolution 60-251 de l’Assemblée générale des Nations unies. « Il a pour but de passer en revue périodiquement les réalisations de l’ensemble des États membres de l’Onu dans le domaine des droits humains. Il fournit à chaque État l’opportunité de fournir les mesures prises en vue d’améliorer la situation des droits humains sur son territoire dans sa nation », a rappelé Inès Hadonou Toffoun, directrice des droits humains au ministère de la Justice et de la législation (Mjl).
L’inclusivité étant fondamentale dans l’élaboration de ce rapport, l’atelier a drainé aussi bien des acteurs gouvernementaux (ministères des Affaires sociales, des Affaires étrangères et de la Justice) que de la société civile. Depuis cinq ans, les membres du groupe de travail des Organisations de la société civile béninoise pour l’Epu « travaillent dans la synergie au niveau des droits humains pour produire un rapport alternatif » afin que « le plaidoyer se fasse d’une même voix du côté de la société civile », précise Ralmeg Gandaho, président du Conseil d’administration de Changement social Bénin. Aux côtés de cette Ong, figurent également dans ledit groupe, Amnesty international Bénin, Esam, Acat-Bénin, Wildaf, et Afa-B. « Un rapport inclusif suppose que nous ne travaillons pas en catimini, que nous ne nous fermions pas au regard des autres sur le travail », a-t-il insisté. Présente également, la Commission béninois des droits de l’Homme (Cbdh) « qui a une position axiale relativement aux Osc et à l’État par rapport à la conduite de cet exercice », a mentionné Ralmeg Gandaho.
L’atelier de renforcement de capacités marque également le lancement, par la représentante du Garde des sceaux, du projet « Élaboration de rapport alternatif et plaidoyer de la société civile béninoise pour une contribution au quatrième cycle de l’Epu du Bénin ». L’objectif général est de « contribuer au renforcement de l’État de droit et la démocratie en République du Bénin », a dévoilé Josué Dohami, membre de l’Ong CsB. Quatre résultats sont attendus dans le cadre de ce projet. Durant les 36 mois qu’il dure, le Rapport alternatif de la société civile sera, primo, élaboré et soumis au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies au titre du 4ème cycle de l’Epu du Bénin. La société civile espère que le rapport finalement adopté prenne en compte, secundo, les préoccupations et recommandations prioritaires qu’elle a proposées. Suivront, la vulgarisation des recommandations du 4ème cycle de l’Epu ; et la mise en place et l’opérationnalisation de mécanisme de suivi de politiques gouvernementales en matière des droits humains axé sur les recommandations de l’Epu du Bénin.
Ce projet vient à point nommé, a constaté Inès Hadonou Toffoun, directrice des droits humains au ministère de la Justice et de la législation (Mjl). Elle a annoncé que le ministère « envisage un appel à contribution » dans le cadre de l’élaboration de l’Epu du Bénin. « Je vous exhorte, chers partenaires, membres des Osc à répondre favorablement et massivement à cet appel », a-t-elle lancé.
Appréciations
L’organisation de cet atelier est bien appréciée des participants. Oscar Metehoué, conseiller technique du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, y voit « une activité pertinente » qui « participe même de l’inclusivité de toutes les parties prenantes sur les questions des droits de l’homme ».
Quant au conseiller Paix et développement des Nations unies, coordonnateur résident au Bénin Amadou Bailo Sow, « L’aspect inclusivité on ne peut pas le nier. C’est important que chacun apporte sa contribution…Le fait d’avoir la perspective de la société civile réunie en tant que coalition est fondamentale au-delà de ce que les autres vont faire. Tout cela peut contribuer à avoir une vision plus claire sur ce que le gouvernement du Bénin et les autres partenaires sont en train de faire en termes de promotion et de protection des droits de l’Homme dans le pays », a-t-il relevé.
De son côté, le secrétaire général permanent de la Commission béninoise des droits de l’Homme (Cbdh), Dominique Adjahouinou a déclaré, à propos de l’inclusivité, qu’elle constitue « une approche formidable, parce que nous sommes engagés dans une synergie d’action pour pouvoir faire un Epu pour le Bénin, un rapport qui soit le mieux rédigé possible ».
Le Bénin a été élu membre du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies pour la mandature 2022-2024 à l’issue des élections du jeudi 14 octobre 2021.
Lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier, l’Union européenne et le bureau régional Afrique de l’ouest du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies, ont été représentés respectivement par Alessandro Tedesco et Anis Mahfoudh Brao.
