Réckya Madougou, candidate recalée du parti ‘’Les Démocrates’’ séjourne depuis vendredi 5 mars, à la prison civile de Missérété. Lors d’une sortie médiatique le lundi 8 mars, le ministre de la Communication et de la poste, porte-parole du gouvernement, Alain Orounla est revenu sur les motifs de l’arrestation et la mise de détention provisoire de l’ancienne ministre de Yayi.
Par Sènankpon DOSSOU
Pour le porte-parole du gouvernement, la procédure pénale en cours contre Reckya Madougou ne souffre d’aucun vice. Abordant les circonstances de l’arrestation critiquée par certains partisans de la mise en cause, Alain Orounla a estimé qu’on n’avait pas besoin d’une convocation préalable comme cela est agité dans l’opinion. A l’en croire, il n’y a pas d’obligation à adresser une convocation préalable. Ça fait partie des subtilités du code de procédure. Pour lui, ce sont les partisans de la mise en cause qui ont transformé cet aspect en spectacle, sinon ça n’en était pas un. « C’est l’orchestration de nos amis qui ont peut-être donné lieu à ce spectacle ; mais cela n’entache pas la régularité de la procédure, ni son bien-fondé et sa légitimité », a-t-il fait répondu.
Les faits reprochés à Reckya Madougou sont graves. ‹‹Elle est soupçonnée de vouloir attenter à la tranquillité publique, poser des actes de violence, des assassinats planifiés », a jugé Alain Orounla. Face à des faits aussi graves, il est de la responsabilité du parquet d’agir, et cela n’a pas besoin forcément de preuves à ce stade du dossier. ‹‹On n’a pas besoin à ce stade de preuves. Il nous suffit d’avoir des indices. Et là, nous avons plus que des indices concordants. On a des aveux de ceux qui étaient supposés commettre le crime », a-t-il soutenu.
L’arrestation de Reckya Madougou passe pour certains comme un acharnement contre les opposants. Avis que Alain Orounla ne partage pas. « Il n’y a pas d’opposant dans une procédure pénale ». Le ministre s’est catégoriquement opposé à l’opinion de ceux qui font fixation sur le statut d’opposant de Reckya Madougou. « Je ne suis pas d’accord lorsqu’on parle d’opposant; parce qu’il n’y a pas d’opposant dans une procédure pénale », a-t-il enseigné. « Il y a des mis en cause, il y a des gens soupçonnés et il y a des règles pour mener une enquête donc il ne s’agit pas d’opposant, parce que ça, ce n’est pas une infraction », a ajouté le ministre.
Pour ceux qui pensent Reckya Madougou serait victime d’un acharnement politique parce qu’elle représenterait un adversaire de taille face au régime en place, Alain Orounla a été formel. « Personne ne nous fait peur. Ce n’est pas une question de peur. Nous voulons protéger les Béninois›› a-t-il répondu.
