Les députés de la 10e législature se préparent à mieux exercer leur mandat dans un contexte marqué par les récentes mutations institutionnelles. Sous la présidence de Joseph Fifamin Djogbénou, ils ont entamé, mardi 12 mai à Agoué, un séminaire d’immersion de trois jours destiné à renforcer leur compréhension des nouvelles exigences parlementaires.
Cette retraite parlementaire qui se tient à Agoué se veut avant tout un temps d’apprentissage et d’appropriation. Pendant trois jours, les 109 élus vont revisiter les fondamentaux de leur fonction et surtout , comprendre le rôle du député, mieux maîtriser les rouages de l’Assemblée nationale et affiner leurs outils de contrôle de l’action gouvernementale.
Pour le secrétaire général administratif de l’Assemblée nationale, Christel-Fourier Donkpègan, l’enjeu est clair : permettre aux parlementaires de s’approprier « les outils intellectuels et procéduraux indispensables » à l’exercice de leur mandat.

Dès la première journée, le ton a été donné avec huit communications consacrées au fonctionnement politique, administratif et financier de l’institution parlementaire, à la gestion des ressources humaines, au protocole, à la diplomatie parlementaire ainsi qu’aux questions de sécurité. Des échanges techniques, mais visiblement nécessaires, qui ont débouché sur des débats nourris.
« Exercer un pouvoir, c’est le comprendre »
À l’ouverture des travaux, Joseph Fifamin Djogbénou a rappelé la philosophie de cette immersion. Mieux comprendre pour mieux agir. « Exercer un pouvoir, c’est le comprendre », a-t-il lancé aux députés, avant de les inviter à prendre toute la mesure des responsabilités que leur confie la Nation.
Pour lui, ce séminaire trouve tout son sens dans le contexte des grandes réformes institutionnelles opérées ces dernières années. « Comprendre, c’est d’abord se connaître soi-même. Comprendre, c’est ensuite connaître les autres », a martelé le président de l’Assemblée nationale. Autrement dit, les députés doivent non seulement mieux connaître leur propre institution, mais aussi comprendre le nouvel environnement dans lequel ils évoluent désormais.

Dans la suite de son intervention, Joseph Djogbénou a fait savoir que le Parlement n’avance plus seul. Le Conseil économique et social, le Sénat, le gouvernement, la Cour suprême, la Cour constitutionnelle ou encore les partenaires internationaux font désormais partie intégrante de l’écosystème institutionnel avec lequel les députés devront composer. « Il nous importe de mieux connaître le Sénat. C’est notre premier devoir », a-t-il insisté, soulignant la nécessité de bâtir de nouvelles habitudes de collaboration.
À l’issue de ce conclave, le président de l’Assemblée nationale espère voir émerger des recommandations concrètes capables d’aider la 10e législature à atteindre ses ambitions. Cette fois, avec une conviction : mieux se connaître pour mieux servir.
