La 4ᵉ édition du Festival international des films de femmes (Fiff) s’est achevée samedi 7 février à Cotonou, après cinq jours de projections, de rencontres professionnelles et d’échanges autour du cinéma africain réalisé par des femmes.
Organisé depuis 2019, ce rendez-vous biennal confirme progressivement sa place dans l’agenda culturel du continent en mettant en lumière des œuvres portées par des regards féminins. La cérémonie de clôture s’est déroulée à la place de l’Amazone, un cadre symbolique qui renvoie à l’héritage des femmes guerrières du royaume du Dahomey.
Devant un public composé de professionnels du cinéma, de partenaires institutionnels et de festivaliers, les prix Amazones ont récompensé plusieurs réalisatrices et actrices issues de différents pays africains.
L’Amazone du Jury a été décernée à la Sud-Africaine Phumi Morare pour Why The Cattle Wait, une fiction de 21 minutes. Le film s’est distingué par la maîtrise de sa narration et la cohérence de sa mise en scène.
Du côté béninois, Dorcas Ganmagba a remporté l’Amazone du meilleur documentaire avec Les Chaînes du Deuil (14 minutes), une œuvre qui interroge les pratiques et restrictions imposées aux femmes en période de deuil dans certaines communautés du sud du pays. À travers ce film, la réalisatrice invite à une réflexion sur les droits et la dignité des femmes.
Le prix de l’Amazone du scénario est revenu à la Kényane Lydia Matata pour Float, une fiction de 12 minutes saluée pour la qualité de son écriture.
L’Amazone de l’interprétation a été attribuée à Hana Halia Lebo Traoré pour son rôle principal dans Mia, un film burkinabè qui aborde la question du chantage numérique et des pressions sociales subies par les adolescentes.
La distinction suprême, l’Amazone d’Or, a été remise à la Nigériane Abbesi Akhamie pour The incredible sensational fiancé of Séyi Àjàyí. À travers une approche mêlant ironie et critique sociale, la réalisatrice met en scène une femme confrontée à l’humiliation, qui choisit de reprendre le contrôle de sa vie.
18 courts métrages mis en compétition
Au-delà des récompenses, le Fiff 2026 a proposé des Masters class, des panels et des ateliers destinés à accompagner les jeunes créatrices. Dix-huit courts métrages issus de quatorze pays étaient en compétition, illustrant la diversité des thématiques abordées comme traditions, identité, résilience, violences numériques ou encore affirmation de soi.
Avant la remise des trophées, la promotion de l’évènement Cornelia Glèlè, a exprimé toute sa reconnaissance, non seulement aux membres de son équipe d’organisation mais aussi aux différents partenaires qui n’ont de cesse de soutenir chaque deux ans cet événement cinématographique qui rassemble à Cotonou des acteurs venus de divers horizons.
Cette quatrième édition confirme la volonté du festival de contribuer à une meilleure visibilité des femmes dans la chaîne de création cinématographique africaine. Dans un contexte où elles restent sous-représentées dans les métiers techniques et dans la reconnaissance institutionnelle, le Fiff se positionne comme un espace de valorisation et de professionnalisation.
Après le Fiff 2026, la prochaine édition est prévue pour 2028.
