Le Festival international des films de femmes (Fiff) édition 2026 a marqué l’un de ses temps forts avec la soirée « Shorts Shorts Shorts », organisée vendredi 6 février à la villa Kaya, à Cotonou. Soutenue par la marque Docubox, la rencontre a réuni les festivaliers dans une ambiance conviviale, entre projections de courts métrages et échanges avec les réalisatrices.
Cinq films ont été projetés au cours de la soirée, captivant les participants par la richesse des histoires et des univers présentés. Parmi ces courts métrages figuraient Sokouna / Amplified de Dina Naser, Goat de Judy Kibinge, La Lanterne de Nelly Behanzin.
La projection a été suivie d’une discussion avec Judy Kibinge, réalisatrice kenyane de Goat, un folk-horror inspiré d’une légende de sa tribu, les Kikuyu.
Judy Kibinge, fondatrice de Docubox, a expliqué que Goat explore la manière dont le passé influence le présent. « Même dans la ville moderne de Nairobi, nous portons le passé avec nous », a-t-elle précisé. Le film raconte le parcours de Suki, confrontée à une dette ancestrale qu’elle ignore, dans un univers où tradition et modernité se croisent.
Les questions du public ont permis de mieux comprendre les choix artistiques de la réalisatrice. Judy Kibinge a notamment évoqué la transformation des humains en chèvres, un élément issu de la légende initiale qu’elle a adapté pour son récit, ainsi que le tatouage japonais du personnage principal, symbole d’un échange culturel contemporain. Elle a également souligné l’importance des chèvres dans les rituels Kikuyu et Maasai, ainsi que le lien entre nature, sacrifice et mémoire ancestrale.
La réalisatrice a conclu en espérant que le public percevrait les nuances et références inscrites dans le scénario. Grâce au Fiff, la soirée a ainsi permis de combiner projection, discussion et immersion culturelle, mettant en lumière la richesse du cinéma féminin africain et son dialogue avec les traditions locales et la modernité.
