La Hongrie a annoncé, jeudi 3 avril, son retrait de la Cour pénale internationale (Cpi). Cette décision est intervenue pendant la visite du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, visé par un mandat d’arrêt de la Cpi pour crimes de guerre à Gaza.
Par Yélian KINTOHOU
Alors que des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty international et Human rights watch, avaient exhorté la Hongrie à arrêter et remettre son hôte à la Cpi, le pays a pris la direction opposée. Après son arrivée tard dans la soirée de mercredi, Netanyahou a été accueilli jeudi matin avec les honneurs militaires.
« La Hongrie quitte la Cpi », a écrit Gergely Gulyás, directeur de cabinet du premier ministre nationaliste Viktor Orbán, sur sa page Facebook. Il a également précisé que « le gouvernement va entamer la procédure de retrait, en accord avec le cadre juridique international ».
Cependant, ce retrait ne pourra être effectif qu’après un an, conformément aux textes de l’institution. La Hongrie doit officiellement soumettre son dossier de retrait auprès du secrétariat général de l’Onu, a précisé la Cour, contactée par l’Afp. La Hongrie avait signé en 1999 le statut de Rome, traité fondateur de la Cpi, avant de le ratifier deux ans plus tard, lors du premier mandat de Viktor Orbán.
Toutefois, pour des raisons de constitutionnalité, elle n’a pas validé la convention associée, affirmant ainsi ne pas être tenue de se conformer aux décisions de la Cour pénale internationale.
Créée en 2002, la Cpi a pour mission de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves commis dans le monde, lorsque les États concernés n’ont ni la volonté ni la capacité de le faire eux-mêmes. Elle compte actuellement 125 États membres ayant ratifié le statut de Rome.
Avant la Hongrie, deux autres États avaient déjà quitté l’institution. Il s’agit du Burundi et des Philippines. Suite à la décision, l’Israël a salué la « clarté morale » de la Hongrie.
