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Criet : 6 358 procédures traitées en 6 ans

Par Koladé Raymond FALADE
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La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a tenu sa rentrée judiciaire 2024-2025 solennelle le mercredi 9 octobre. Cela marque ainsi le début de l’année 2024-2025. La cérémonie a été présidée par le magistrat Édouard Cyriaque Dossa, président de la Criet.

La rentrée judiciaire 2024-2025 s’est déroulée sur le thème « La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) face aux infractions émergentes : forces et faiblesses ». Lors de cet événement, le procureur spécial près la Criet a dressé un bilan. Il a révélé que sur une période de 6 ans, 6 358 procédures ont été traitées. Celles-ci englobent 55 cas de corruption, 116 affaires de détournement de fonds publics, 35 dossiers de fraude fiscale et 149 procédures de trafic international de drogue à haut risque.

Les cas de cybercriminalité pèsent lourds dans cette évaluation. Malgré les poursuites engagées, le nombre de ces cas ne cesse d’augmenter. « 1956 procédures en lien avec la cybercriminalité ont été traitées par la juridiction », a confié Mario Mètonou. Une augmentation constante du nombre de procédures de cybercriminalité est observée. Les chiffres montrent une progression, passant de 347 en 2022, à 415 en 2023 et 576 en septembre 2024. Cette augmentation du nombre de procédures ne signifie pas un échec. Au contraire, «Elle traduit une montée en efficacité des services d’enquête et de la Criet », estime le procureur spécial.

Progrès dans la lutte

Grâce à l’efficacité du Centre national d’investigations numériques (Cnin), la Criet est désormais en mesure de mener à bien la lutte contre la cybercriminalité. En effet, ce centre dispose d’une direction de lutte contre ce fléau, avec des antennes opérationnelles dans le nord, le centre et le sud du pays.

Mario Mètonou souligne lors de cette rentrée judiciaire 2024-2025 que « La répression qui se limitait à Cotonou et environs, s’étend ainsi à tout le territoire national ». De plus, «le Cnin produit des rapports de très grande qualité qui permettent au parquet spécial de soutenir sans difficulté l’accusation et d’obtenir la condamnation des prévenus de cybercriminalité ». Ces efforts ont permis au Bénin de progresser significativement dans le classement de l’Union internationale des télécommunications en matière de cybersécurité, le pays ayant « gagné 92 places ».

Blanchiment de capitaux, détournement de fonds publics et corruption

La cour spéciale a traité 225 affaires liées au blanchiment de capitaux au cours des 6 dernières années. Sur les trois dernières années, le nombre de dossiers traités dans ce domaine a considérablement diminué, passant de 25 en 2022 à 5 en 2023, pour atteindre, à la date du 17 septembre 2024, 3 affaires de détournement de deniers publics. Selon Mario Mètonou, les infractions liées à la corruption et au détournement de fonds publics sont en recul.

En 2023, la cour a examiné 13 affaires de corruption, contre 7 à la date du 17 septembre 2024. Conformément au dernier rapport de Transparency International, « la corruption coûte plus de 148 milliards de dollars par an à notre continent », a souligné le procureur spécial. Bien que le Bénin ne soit pas exempt de ce fléau, il convient de noter que « depuis 2016, des résultats concrets ont été obtenus dans la lutte contre la corruption ».

Le Bénin dans le top 10 des pays les moins corrompus en Afrique

Sur un total de 180 nations, le Bénin se classe à la 70e position d’après le classement 2023 de Transparency international sur l’indice de perception de la corruption. Le procureur de la cour spéciale se réjouit de cette avancée significative. « Le Bénin est largement devant son voisin de l’ouest, le Togo qui est à la 126e place et son voisin de l’est, le Nigéria, qui pointe à la 145 ème place. Le Bénin se hisse dans le top 10 des pays les moins corrompus en Afrique », a-t-il martelé.

Finir avec l’impunité au Bénin

Malgré les résultats encourageants, le procureur Mario Mètonou exprime sa satisfaction quant à la dynamique en cours. Cette dynamique, impulsée par la Criet, vise à éradiquer l’impunité et à contrecarrer l’idée selon laquelle certains individus pourraient se placer au-dessus des lois au Bénin. « Désormais, toute convocation de la Brigade économique et financière est source d’insomnie. La dynamique, c’est la peur du gendarme qui gagne les acteurs et avec elle le début de la sagesse », s’est-il félicité.

Par Yélian KINTOHOU

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