La Ligue béninoise des droits des femmes a rassemblée mercredi 14 août à Abomey-Calavi, des acteurs de la société civile pour une séance de vulgarisation du Système intégré de données relatives à la famille, la femme et l’enfant (Sidoffe). La séance a permis à la Ligue et à l’Observatoire de la famille, de la femme et de l’enfant (Offe) de sensibiliser les acteurs sur l’importance de leur contribution dans l’amélioration du seul système d’information qui renseigne sur les actions sociales au Bénin.
L’autre objectif de la séance de vulgarisation du Sidoffe est « de renforcer l’appui de l’Offe dans la collecte des données sur les violences sexuelles et sexistes », a rappelé Iris Affomassè, responsable des interventions sociales de la Ligue. Le Système intégré de données relatives à la famille, la femme et l’enfant (Sidoffe) est devenu depuis 2019, le « système de données de référence » en matière de statistiques sur les actions sociales au Bénin. Il est destiné « à collecter, à produire et à diffuser des données statistiques ». Ces données sont « désagrégées par sexe et par âge sur l’ensemble des cibles de l’action sociale ». Et sa finalité, « aider à une meilleure prise de décision », a rappelé Nassirou Kassoumou, directeur général de l’Offe.
Les données fournies par le système visent à permettre aux acteurs, « d’apprécier les efforts consentis » au quotidien. Il permet aussi d’appréhender « les actions menées en termes de prévention, de protection et de prise en charge des couches vulnérables ». L’histoire du Sidoffe remonte aux années 2000. Entre 1998 et 2012, 3 différents systèmes de données thématiques renseignaient sur les actions sociales. Il s’agit de Childpro de l’unicef, FaFE de la coopération Suisse et le Sigvfe de l’Usaid.
La réorganisation puis l’unification des bases de données thématiques interviendront entre 2012 et 2016. Ainsi, les réformes de 2016 dans le secteur ont donné naissance au Sidoffe. Entre 2018 et 2024, il a été évalué puis actualisé à plusieurs reprises. Les travaux d’actualisation de 2023 ont conduit au Sidoffe-Ng [Ng mis pour Nouvelle génération]. Ces travaux ont permis « d’aller au-delà des indicateurs de départ », a précisé le directeur général de l’Offe. La base de données ainsi constituée, comporte 340 indicateurs dont 120 sont orientés vers les violences basées sur le genre. Il y a eu par la suite le Sidoffe-Ng actualisé en mars 2024.
Améliorations participatives
Aujourd’hui, le Sidoffe-Ng est une application web qui fournit des données statistiques sur les actions sociales au Bénin. Les chiffres de ce système de données sont désagrégés par sexe, par âge mais aussi par type de handicap. Ils sont subdivisés en 4 domaines. La protection sociale et la solidarité nationale, la protection de l’enfant, la promotion de la famille, de la femme et du genre et enfin l’inclusion sociale des personnes handicapées et du troisième âge. Chaque domaine est ensuite décliné en thématiques, sous-thématiques et indicateurs. Cette structure facilite l’accès, la consultation et l’extraction des données dans le système.
Outre l’exploitation de ces données, les acteurs de la société civile ont également un rôle crucial à jouer. En effet, c’est vers ce système que les partenaires se tournent pour la vérification des statistiques en la matière. Nassirou Kassoumou a donc insisté sur l’importance de communiquer autour de ce système de données afin qu’il soit exploité à suffisance.Mieux, la présidente de la ligue Joanita Bocossa invite chaque acteur impliqué à jouer pleinement sa partition en vue de l’amélioration du système. Ainsi le Sidoffe pourra fournir des données qualitatives et quantitatives « actualisées périodiquement ». C’est d’ailleurs à ce travail d’amélioration du système que travaille la Ligue. Elle met toutefois un accent sur les violences sexistes et sexuelles.
La Ligue béninoise des droits des femmes est née en octobre 2020. Depuis avril 2023 elle travaille sur un projet de plaidoyer pour l’institutionnalisation et la systématisation des collectes de données sur les violences sexuelles et sexistes. La campagne, dénommée « Compter pour toutes » se déroule en partenariat avec les ligues de la Côte d’ivoire et du Niger.
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