Les Aspirants au métier d’enseignant (Ame) sont mécontents. Au niveau de plusieurs établissements, ils ont boycotté la surveillance des devoirs. Ce qui n’empêche guère la tenue des activités pédagogiques, a rassuré le Directeur départemental de l’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle (Ddestfp), au micro de Radio Sêdohoun d’Agbotagon, jeudi 2 décembre. Dr Edmond Houinton dit comprendre leur lutte pour de meilleures conditions mais, il désapprouve leur « forcing ». Il les appelle au calme, le temps qu’une évaluation soit faite du système Ame pour leur bonheur.
Propos transcris par Sêmèvo Bonaventure AGBON
Journaliste : Tout porte à croire que les activités pédagogiques tournent au ralenti.
Dr Edmond Houinton : Non, les activités pédagogiques ne tournent pas au ralenti. Je voudrais vous dire que les Aspirants au métier d’enseignant (Ame) sont fâchés d’une manière ou d’une autre mais leur mouvement, leur colère n’empêche pas la tenue des activités pédagogiques et leur déroulement normal sur le terrain. Tout le département de l’Atlantique est en devoir et nous avons vu de façon éparse que nos jeunes enseignants ne veulent pas aller surveiller dans les classes, ne veulent pas aller vers leurs jeunes frères et jeunes sœurs parce que, bon il y a un peu de mécontentement.
Ils jouent leurs cartes pour se faire entendre.
À chaque période ses résistances, à chaque période ses réalités. Nous, pendant qu’on nous recrutait comme contractuels de l’État nous avons fait les mêmes choses pour en arriver là où nous sommes. Nous avons cherché à nous faire entendre. Ça a toujours été des luttes séculaires. C’est ce qui arrive mais il faut le faire aussi avec beaucoup de tacts. Au moment où nous, nous nous mettions en mouvement on n’était pas du tout écoutés, entendus. On nous multipliait par zéro. Ce n’est pas le cas aujourd’hui où le gouvernement de Patrice Talon tend la main aux Ame pour écouter leur plateforme revendicative. Nous voyons que ce qu’ils demandent c’est les neuf mois de salaire sur douze qu’il faudra corriger. C’est juste, mais le ministre et le cabinet ont rencontré les ténors pour leur dire : attention ! il faut y aller molo molo. Aujourd’hui ce n’est pas dans la rue, ce n’est pas dans les mouvements, ce n’est pas en brandissant des pancartes …ou autres qu’on va revendiquer, mais il faudra le faire autour d’une table de négociation. Je m’en vais vous dire tout simplement que les enseignants qu’ils sont, sont des enseignants de haut niveau. Il n’y a pas de bacheliers parmi eux. C’est tout au moins la licence et n’a pas la licence celui qui veut mais celui qui a pu continuer.
Vous ne leur donnez pas raison ?
Attention ! je voudrais dire simplement qu’ils ne sont pas des ouvriers pour porter des pancartes. Ils ne sont pas des ouvriers dans les industries pour porter du rouge. Si c’est des habits rouges, d’accord, je comprends.
A quoi jouent-ils alors ?
Tout leur problème c’est de voir leurs conditions de vie et de travail revues, surtout le traitement en matière de douze mois sur douze, le contrat salarial. C’est ce qui est important aujourd’hui. Dans ces conditions nous allons tout faire pour que leurs conditions s’améliorent. Et les gouvernants sont à leur écoute. C’est ce qui est heureux. Parce que si les gens n’étaient pas à leur écoute, là je comprendrais. Il y a déjà plusieurs rencontres entre le ministre et eux.
Donc pour vous ils sont dans un forcing ?
Oui, absolument. Ils sont très bien en mode forcing. Le gouvernement que nous avons aujourd’hui sait écouter. Nous venons de faire combien d’années par rapport à ce projet-là ? ça fait notre troisième année et il faudra s’asseoir pour évaluer. Avant, c’était la vacation où on y mettait plusieurs milliards sans comprendre comment ça se faisait. Maintenant le gouvernement a dit non, il faudra trouver un creuset, les utiliser pour voir comment ça se passe. Ça fait deux ans. Nous sommes dans la troisième année où ça s’assoit correctement. Depuis cette rentrée vous n’avez pas vu que, l’année dernière à pareil moment il y avait des classes qui manquaient encore d’enseignants ?
Certains disent voir le ciel s’assombrir sur leur tête
Non, quel ciel s’assombrit sur leur tête ? Aucun ciel. Tout est clair. Disons tout simplement que nous allons nous asseoir pour évaluer et voir si on ne peut pas les mettre douze mois sur douze. Toute lutte a toujours été comme ça. Les pré-insérés, avant c’était sept mois. Vous commencez en janvier et vous finissez en juin. Certains faisaient même cinq mois. Moi qui suis ici j’avais fait un mois. Ce n’est pas le même contexte aujourd’hui.
Une évaluation de l’aspiranat s’impose avant toute mesure
Très bien, vous avez sorti la carte. Il faut forcément une évaluation. Et le gouvernement n’est pas sourd à cela. Le gouvernement dit qu’il faut que nous évaluions, il faut que nous voyions combien ceci nous coûte et si nous les mettions douze mois sur douze combien cela doit faire et quelle sera la qualité de l’enseignement.
Que les aspirants souffrent d’abord le ventre affamé en attendant la bonne nouvelle ?
Ils vous ont dit qu’ils n’ont pas perçu ? Je vous dis que cette année, il y a nette amélioration. Ils sont toujours sur les mêmes salaires d’accord, mais l’année dernière à pareil moment avaient-il déjà reçu leurs salaires ? Je m’en vais vous dire que le mois d’octobre a été payé même si tout le monde n’avait pas été payé à cause de leur propre retard. Il y en a qui sont payés doublement et ceux qui ont commencé après ont été également payés, et ça continue. Ça veut dire qu’ils ne sont pas à ventre affamé. Non, non. Pas du tout.
Tout va rentrer dans l’ordre après les fêtes ?
(Rires) Vous me donnez des idées. Je ne sais pas, je ne suis pas dans le secret des dieux. Mais je leur demande patience, de mettre de l’eau dans leur vin. Demain ce sont eux qui vont remplacer inéluctablement tous ceux qui travaillent aujourd’hui comme enseignants. Il y a combien d’enseignants fonctionnaires de l’État ? Très peu. Ce sont eux qui viennent. Un peu de patience. Et le président Talon lorsqu’il fait des promesses il les tient.
Merci.
