Des journalistes venus des départements du nord ont pris part, du lundi 23 au mercredi 25 février à Parakou, à un atelier de formation consacré à l’investigation sur la corruption sexuelle et la sextorsion. L’initiative est portée par le consortium Sos Civisme Bénin et Banouto, dans le cadre du projet « Stop corruption, stop Vbg ».
Par Sènan Nadège WANGNANNON
Pendant trois jours, les participants ont été outillés sur les exigences méthodologiques, éthiques et sécuritaires liées au traitement journalistique des Violences basées sur le genre (Vbg), notamment la corruption sexuelle et la sextorsion. L’objectif est de renforcer leurs capacités à conduire des enquêtes rigoureuses sur une thématique sensible et à risque.
Les formateurs, Josué Fortuné Mehouenou et Dorice Djeton, ont insisté sur la nécessité de structurer toute investigation à travers une feuille de route claire.
De l’identification du sujet à la collecte des informations, en passant par la vérification des faits et la protection des sources, chaque étape a été présentée comme déterminante pour garantir la crédibilité et la solidité du travail journalistique.
La formation s’est articulée autour de plusieurs modules portant notamment sur l’introduction générale aux Vbg, les techniques d’investigation appliquées à la corruption sexuelle, la rédaction d’un synopsis d’enquête, ainsi que l’éthique journalistique et la sécurité des sources.
Une attention particulière a été accordée à l’approche centrée sur la survivante, aux précautions spécifiques dans le traitement des données sensibles et à la protection des informations recueillies.
Études de cas, témoignages…
Des études de cas sur le traitement médiatique des Vbg ont été examinées, enrichies par des témoignages de survivantes. Des travaux pratiques ont également permis aux participants d’élaborer une fiche de consentement éclairé, outil indispensable dans la conduite d’entretiens sur ces sujets.
Un module consacré à la santé mentale du journaliste en situation d’investigation sur les Vbg a clôturé les communications. Les échanges ont mis en lumière l’importance de préserver l’équilibre psychologique des professionnels des médias confrontés à des récits sensibles.
À l’issue de l’atelier, un dispositif d’accompagnement a été annoncé. Chaque participant bénéficiera du suivi d’un coach afin de faciliter la mise en application des acquis dans la production d’enquêtes sur la corruption sexuelle et la sextorsion.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent contribuer au renforcement des capacités des journalistes sur des thématiques sensibles, en privilégiant une approche professionnelle, responsable et respectueuse des personnes concernées. Dans le cadre de ce projet, 50 journalistes ont été sélectionnés sur toute l’étendue du territoire national. Ils devront produire chacun au moins un article d’enquête sur un sujet lié à la corruption sexuelle ou à la sextorsion.
